Quels changements pourrait-on constater à la tête du gouvernement et à l’Assemblée nationale au regard de la démission du premier ministre élection présidentielle oblige et du remplacement possible de l’ancien président de l’Assemblée nationale, nouvelle législature oblige ?
Pas de changement à la tête du gouvernement
Pour ce qui est du gouvernement, le président de la République Alassane Ouattara a reconduit, ce mercredi 21 janvier 2026, Robert Beugré Mambé au poste de Premier ministre, deux semaines après la dissolution de l’équipe gouvernementale.
Le suspense a pris fin ce mercredi au Palais de la présidence d’Abidjan-Plateau. Par le biais d’un communiqué officiel lu par la secrétaire générale de la présidence, Masseré Touré-Koné, le chef de l’État a reconduit Robert Beugré Mambé à la tête de la Primature.
Ll est désormais chargé de former un nouveau cabinet.
Selon Masseré Touré-Koné, secrétaire générale de la présidence, “le chef de l’Etat a demandé à Robert Mambé de lui proposer un gouvernement dans les meilleurs délais”.
Pour rappel, à la suite des élections législatives du 27 décembre 2025, le Premier ministre et plusieurs membres de son équipe ont été élus députés à l’Assemblée nationale, une fonction jugée constitutionnellement incompatible avec l’exercice d’un mandat ministériel.
Robert Mambé avait alors présenté sa démission afin de se conformer à la législation ivoirienne. En choisissant de maintenir M. Mambé à son poste, le président Ouattara opte pour la stabilité et la continuité des chantiers engagés.
Changement à la présidence de l’Assemblée nationale
Qu’en est-il de la situation à l’Assemblée nationale ?
C’est l’ancien Premier ministre Patrick Achi a été élu samedi dernier à la présidence de l’Assemblée nationale ivoirienne. Ce technocrate au parcours international succède à Adama Bictogo pour la législature 2026-2030, marquant une nouvelle étape dans sa riche carrière d’homme d’État.
En effet, c’est avec une avance écrasante que Patrick Jérôme Achi a conquis le perchoir. Candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, pouvoir), il a recueilli 215 voix, soit 84,98 % des suffrages exprimés.
Son adversaire, Lazare Yao Yao du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’un des principaux partis de l’opposition, n’a obtenu que 36 voix (14,23 %), tandis que l’indépendant Ange Gnonka s’était désisté avant le scrutin.
Patrick Achi, le profil d’un expert pour l’hémicycle
L’élection de Patrick Achi consacre un homme dont le CV est sans doute l’un des plus denses de la scène politique ivoirienne.
Titulaire d’un Master de l’Université de Stanford, diplômé de Supélec Paris, de la Sorbonne, il incarne cette figure de technocrate ayant fait ses armes dans le secteur privé (Arthur Andersen) avant de devenir une pièce maîtresse de l’appareil d’État.
Ancien Premier ministre (2021-2023) et ex-Secrétaire général de la présidence, il a été l’un des principaux architectes de la « Vision 2030 » du président Alassane Ouattara. Son expertise ne se limite pas aux frontières nationales : récemment enseignant à Harvard, il collabore également avec la Banque mondiale et le FMI sur les réformes institutionnelles à l’horizon 2050.
Membre du Présidium du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), il a présidé avec brio le 2ème Congrès ordinaire du parti en juin 2025. Ancien Premier ministre, de mars 2021 à octobre 2023, il occupait, il y a quelques jours, la fonction de ministre d’État, conseiller spécial du président de la République.
Auparavant, en sa qualité de ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République et Secrétaire exécutif du Conseil national de politique économique, il a été un acteur majeur de la « Vision 2030 » de Alassane Ouattara.
Il a été ministre entre 2000 et 2016. Son action à la tête du Conseil régional de La Mé (Sud) depuis 2013, témoigne d’une connaissance profonde des enjeux du développement économique et social du pays.
Patrick Achi, un technocrate chevronné
Patrick Achi a démarré sa carrière dans le secteur privé, au sein du département Conseil du cabinet Arthur Andersen, pendant 10 ans dont 5 ans en France et 5 ans en Côte d’Ivoire. En 1998, il intègre le secteur public en débutant sa carrière en qualité de conseiller auprès du Premier ministre Seydou Diarra, où il a piloté la réforme du secteur café-cacao.
Il a également été conseiller du ministre de l’Énergie en 1999 pour la réforme du secteur électrique en Côte d’Ivoire.
Fort d’une majorité solide de 197 sièges acquise par le RHDP lors des législatives du 27 décembre 2025, le nouveau président de l’institution entend placer son mandat sous le signe d’un dialogue constructif.
Sa connaissance des rouages de l’État, allant de la réforme du secteur café-cacao à la gestion des infrastructures durant seize ans, lui confère une autorité naturelle pour diriger les débats parlementaires.
Il a occupé, plus récemment, les fonctions de conférencier-enseignant à la Kennedy School of Government de l’Université Harvard, aux Etats-Unis. Il a intégré l’équipe de trois conseillers de haut niveau désignés par le président de la Banque mondiale et la directrice générale du Fonds monétaire international, dans le cadre de la réforme de ces deux institutions à l’horizon 2050.
À 65 ans, Patrick Achi entame ce nouveau défi avec la mission de traduire les grandes orientations économiques du pays en actions législatives concrètes, tout en maintenant l’équilibre politique au sein de l’hémicycle pour les quatre années à venir. (TransContinentsAfrica)
