Plus de 110 millions d'Africains ont été affectés par des catastrophes climatiques en 2024, principalement par des inondations à travers le Sahel, des sécheresses en Afrique australe et des vagues de chaleur sans précédent qui ont brûlé les terres agricoles du nord. Voilà qui campe le décor d’un continent qui subit de plein fouet les conséquences du changement climatique. De quoi conduire le Groupe africain de négociateurs (AGN) et l'Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA) à appeler à poser un nouveau cadre pour une action climatique mondiale plus efficace. Leur argument : celle-ci doit être guidée par la science et répondre à la vulnérabilité croissante de l'Afrique face au changement climatique.
Sortir de la dépendance
S'exprimant dans le cadre de la 13e Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique à Addis-Abeba en ce début de mois de septembre, le président de l'AGN, Richard Muyungi, a déclaré que le continent ne pouvait se permettre de dépendre uniquement de données et de modèles d'action climatique pilotés de l'extérieur.
"La science africaine doit être au cœur de l'orientation de l'action et de l'adaptation climatiques", a poursuivi Richard Muyungi qui a appelé à l'adoption d'une finance climatique basée sur les besoins.
Selon lui, l'Afrique entre dans une nouvelle phase de diplomatie climatique avec une compréhension plus profonde de sa richesse écologique, laquelle est étayée par les connaissances scientifiques.
”La finance climatique n'est pas une charité mais un droit, un devoir et une mesure de confiance", a-t-il précisé exhortant les nations développées à financer les activités d'adaptation au climat en Afrique et dans les pays les moins développés du monde.
Refuser une situation intolérable
De son côté, Mithika Mwenda, directeur exécutif de la PACJA, a souligné que l'Afrique contribuait le moins aux émissions mondiales de gaz à effet de serre mais était la plus durement touchée par les impacts climatiques.
“Atteindre les objectifs climatiques de l'Afrique d'ici 2030 nécessitera près de 3.000 milliards de dollars. Pourtant, l'Afrique reçoit à peine 3 à 4% des flux mondiaux de financement climatique. C'est inacceptable”, a-t-il affirmé.
Et d’indiquer que l'un des plus grands échecs de l'action climatique mondiale était l'exclusion des populations les plus vulnérables d'Afrique des processus décisionnels.
"Nous devons pousser à des réformes structurelles de l'architecture financière internationale et exiger un accès complet, opportun et équitable au Fonds pour les pertes et dommages liés au changement climatique", a-t-il poursuivi.
De quoi alimenter la réflexion des responsables gouvernementaux, des universitaires, des chercheurs et d'autres acteurs réunis à Addis-Abeba sous le thème “Autonomiser l'action climatique de l'Afrique par la science, la finance et une transition juste”. Le combat promet cependant d’être âpre. (TransContinentsAfrica)
