C’est un festival dans le Festival. Le film marocain “Everybody Loves Touda” de Nabil Ayouch a été récompensé, d’abord, pour le meilleur scénario mais aussi à travers Nisrin Erradi qui a reçu le prix de la meilleure actrice pour le rôle principal. Ces distinctions viennent confirmer le rayonnement international de cette œuvre, déjà saluée par la critique.
La confirmation d’un succès international
Présenté en sélection officielle à Cannes en 2024, “Everybody Loves Touda” avait également été retenu pour représenter le Maroc aux Oscars 2025, dans la catégorie Meilleur film international.
Depuis sa sortie, le film bénéficie d’une large diffusion en Europe. Après avoir été projeté en France, en Belgique et en Suisse, il est actuellement à l’affiche en Suède et en Roumanie. Sa sortie en Allemagne est prévue pour le 29 mai, avant d’être distribué dans d’autres pays, dont l’Italie, la Norvège et le Danemark. Il a par ailleurs été l’une des sensations du Festival panafricain du film de Ouagadougou.
Un film qui ne laisse pas indifférent
Sorti en 2024 et vivement critiqué, le film a reçu au Fespaco le prix de la meilleure prestation féminine pour l’incommensurable et omniprésente performance de l’actrice Nisrin Erradi.

Cette trop grande présence de l’actrice à l’écran est pourtant ce qui a valu la grande majorité de critiques négatives au film à sa sortie en 2024. Néanmoins, la production semble traduire un important choix de focalisation de son réalisateur marocain.
Une histoire attachante
Le film raconte l’histoire de Cheikha, une chanteuse traditionnelle qui tente de vivre de son art tout en élevant son fils sourd-muet de 9 ans. Son parcours est une véritable ode féministe tant Cheikha doit défier les obstacles spécifiques à la condition d’une femme seule dans sa société. Lorsqu’elle décide de se rendre à Casablanca et de changer son style de musique, basé sur la variété et la musique populaire, pour se tourner vers l’aïta, un genre musical ancestral issu des tribus bédouines, considéré comme une poésie de libération, elle va se heurter encore plus fort à la dureté de sa condition.
Une critique pas tendre
Critiqué pour avoir trop focalisé sa caméra sur la femme, plus que la chanteuse, Nabil Ayouch réussit pourtant avec son film à caricaturer les difficultés des luttes féministes. “Là où les médias spécialisés critiquent le fait de trop mettre en avant l’actrice et de passer le chant au second plan, dans l’histoire d’une chanteuse qui vit pour élever un fils qui ne peut pas l’entendre chanter, “Everybody Loves Touda” arrive astucieusement à montrer la direction du dédale imposé par la société aux femmes sur le chemin de la libération”, indique un observateur. (TransContinentsAfrica).
