La commission électorale du Cameroun (ELECAM) a rejeté la candidature de Maurice Kamto, principal rival du président Paul Biya, lors des prochaines élections présidentielles, augmentant les risques de manifestations et la probabilité d'une autre victoire pour le président sortant.
Kamto a deux jours pour faire appel
Le chef de la commission électorale, ELECAM, a annoncé la décision lors d'une conférence de presse samedi, lorsqu'il a lu une liste de 13 candidats approuvés qui n'incluaient pas Maurice Kamto qui avait déposé sa candidature sous les couleurs, non du MRC qu'il a contribué à créer mais ceux du MANIDEM, un autre parti dirigé, jusqu'à la candidature officielle de Kamto par Anicet Ekane.
Cette précision vaut la peine d'être faite car, bien qu’Ekane ait dirigé le parti ces dernières années, notamment lors des municipales de 2020 où il a obtenu un élu, le politologue Dieudonné Yebga a affirmé à la dernière minute avoir été élu président du Manidem. Conséquence : il a, lui aussi, déposé une candidature à la présidentielle, revendiquant l’étiquette du parti et contestant l’investiture de Maurice Kamto par Anicet Ekane
Du côté d'ELECAM, aucune raison n’a été donnée pour expliquer la non-retenue de la candidature de Kamto.
Précision : Maurice Kamto comme les autres candidats exclus de la liste officielle ont deux jours pour faire appel.
Paul Biya, 92 ans, est au pouvoir depuis 43 ans et est le chef d’État le plus ancien du monde. Il a annoncé son intention plus tôt ce mois-ci de solliciter sa réélection lors du vote du 12 octobre.
Maurice Kamto était arrivé en deuxième position avec 14 % des voix lors des dernières élections de 2018, remportées par Biya avec une écrasante majorité, au milieu d'allégations de fraude.
"En cas de rejet de certains candidats à cette élection, il est possible qu'il y ait des manifestations dans le centre de Yaoundé et près du siège d'ELECAM”, a déclaré vendredi dans un communiqué le Département de la sûreté et de la sécurité des Nations unies. (TransContinentsAfrica)
