Le recours de Maurice Kamto n’y a rien fait. Et d’être monté personnellement au créneau non plus. Le Conseil constitutionnel du Cameroun a validé mardi douze candidatures pour l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, tout en confirmant l’invalidation de Maurice Kamto. Sur les 35 recours déposés par des candidats recalés et des cadres de partis, seul celui d’Hilaire Nzipang du Mouvement progressiste (MP) a été accepté.
Invalidation pour “pluralité d’investiture”
Candidat malheureux en 2018 avec plus de 14 % des voix quand même, Maurice Kamto ne pourra donc pas participer au scrutin. Pour rappel, dans un premier temps, sa candidature avait été invalidée pour “pluralité d’investiture” par ELECAM. Président du MRC, il s’était présenté sous la bannière du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM).
Problème : Anicet Ekane jusque-là connu et considéré comme le président du parti s’est vu contester et son titre et la légitimité de la désignation de Maurice Kamto comme le candidat du MANIDEM par Dieudonné Yebga. Se proclamant président, celui-ci a créé les conditions d’une confusion mais aussi d’une brèche dans laquelle ELECAM et la Cour constitutionnelle se sont engouffrés. Leur argument : avoir deux candidats contrevient aux règles du Code électoral qui exige une investiture unique.
Une décision controversée
La décision du Conseil constitutionnel, rendue le 5 août 2025, met un terme définitif aux démarches juridiques entreprises par les avocats de Maurice Kamto. Me Hippolyte Meli Tiakouang, son avocat, a dénoncé un verdict politique, affirmant que la juridiction est “à 3 % droit et à 97 % politique”, soulignant l’unanimité du rejet sans aucune réserve.
Voilà qui nourrit une clameur négative à propos d’une décision dont de nombreux observateurs disent qu’elle est surtout politique. Cette exclusion de Kamto, qui était jusqu’ici le principal rival de Paul Biya, suscite ainsi une vive controverse au sein de l’opposition et renforce les inquiétudes quant à l’équité du scrutin présidentiel.
Parallèlement, la validation des candidatures restantes a ouvert la voie à un scrutin à douze, incluant celle du président sortant, officialisée le 13 juillet. Nul doute que l’absence de Maurice Kamto et les conditions de son inéligibilité ne finiront pas de sitôt d’alimenter les débats sur la présidentielle camerounaise du 12 octobre prochain. (TransContinentsAfrica)
