Burkina Faso : l’Association des journalistes dissoute

COUP DUR. Dans la foulée de l’arrestation de son président et de son vice-président, l’AJB s’est vu notifier la décision des autorités militaires.

Burkina Faso : l’Association des journalistes dissoute

Le ciel s’assombrit pour la presse avec la dissolution ke 25 mars dernier de l’Association des journalistes du Burkina (AJB). Preuve que les autorités ont décidé de durcir le ton à l’endroit des acteurs des médias, cette décision est intervenue au lendemain de l’arrestation au Centre national de presse Norbert Zongo, à Ouagadougou, de Guézouma Sanogo et Boukari Ouoba, respectivement président et vice-président de l’AJB. 

La justification avancée : la “non-conformité”

Selon Emile Zerbo, ministre burkinabè de l’Administration territoriale, la dissolution de l’AJB serait due à une “non-conformité” aux dispositions prévues par la loi de 2015 régissant les associations. “Il n'existe pas d'association dénommée Association des journalistes du Burkina”, a-t-il indiqué, précisant que l’organisation était considérée comme “dissoute ou inexistante” depuis 2019.

Un contexte difficile

Si la dissolution de l’AJB peut être considérée comme un signe de défiance à l’égard de la presse, c’est qu’elle s’inscrit dans la suite d’un chapelet de décisions où une certaine liberté a paru ne plus être tolérée. En effet, quatre jours avant cette décision, lors d'un congrès extraordinaire de l'AJB, Guézouma Sanogo avait dénoncé des “atteintes à la liberté d'expression et de presse” sans précédent dans le pays, faisant constater d’ailleurs qu’au même moment il y avait lieu de se rappeler de l’enlèvement de sept journalistes en 2024, dont certains seraient toujours portés disparus. 

Faut-il en outre rappeler qu’en outre Luc Pagbelguem, employé de la chaîne de télévision privée BF1, a été suspendu de toute activité audiovisuelle pour deux semaines, après avoir couvert l’événement. Dans la foulée, BF1 a été sanctionnée par le Conseil supérieur de la communication (CSC) à une amende de 500 000 FCFA (environ 823 dollars). Argument avancé par le CSC : certains propos contenus dans le reportage diffusé par la chaîne véhiculent une “désinformation de l’opinion publique, car basée sur des allégations infondées”.

De quoi augmenter la pression sur le monde de l’information et expliquer les critiques dont les autorités militaires actuelles font l’objet depuis leur prise de pouvoir en 2022 pour des cas répétés d’enlèvements et d’arrestations arbitraires visant des journalistes ou des voix critiques envers leur régime dans un contexte contraint par l’insécurité que les djihadistes font planer sur le pays. (TransContinentsAfrica)

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