“Inscrit dans la stratégie nationale de transition digitale, le projet des datacenters que vient d’inaugurer en cette fin janvier 2026 le Burkina vise à rapatrier l’ensemble des données de l’administration publique encore hébergées hors du territoire national”, indique APAnews qui ajoute que “pour le gouvernement, l’objectif est clair : garantir une maîtrise totale de l’information publique et renforcer l’indépendance numérique du pays”.
Assurer la transition digitale en sécurisant ses données
Le dispositif technique, piloté par le ministère de la Transition digitale, affiche des caractéristiques impressionnantes pour répondre aux besoins croissants de l’administration. Il est doté d’une capacité de stockage de 3 000 To, d’une puissance de 28 800 cœurs CPU et 105 600 Go de mémoire vive et d’une capacité d’hébergement de plus de 7 000 machines virtuelles.
D’un coût global de 15 milliards de FCFA, ces infrastructures devraient permettre à l’État burkinabè de réaliser une économie d’échelle massive, estimée entre 85 et 95 milliards de FCFA sur les dix prochaines années.
Une manière de poser “un acte de souveraineté”
Lors de son allocution, le Chef du Gouvernement a qualifié cette inauguration d’acte politique majeur. “Héberger nos données hors de notre territoire revient à renoncer à une part de notre autodétermination. Le Burkina Faso ne peut plus l’accepter”, a indiqué Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Il a, à cet effet, donné des instructions fermes pour que ces centres deviennent le socle unique de l’hébergement des plateformes publiques, interdisant de fait le stockage des données étatiques dans des structures privées ou étrangères.
Le premier pas d’un important chantier digital
Cette étape n’est qu’un jalon d’un processus plus vaste. Le Premier ministre a annoncé la construction, à l’horizon 2028, d’un futur datacenter national répondant aux standards internationaux les plus exigeants. Ce futur pôle technologique aura vocation à servir non seulement l’État, mais aussi le secteur privé et les organisations non gouvernementales.
En investissant dans son propre “Cloud”, le Burkina Faso rejoint le cercle restreint des pays africains dotés d’une infrastructure souveraine capable de sécuriser les données sensibles tout en accélérant la modernisation de son administration. (TransContinentsAfrica)
