Né en 1952, Baya Bouzar connue sous le nom de scène de "Biyouna" a marqué le monde des arts de l’Algérie grâce à sa personnalité hors pair, façonnée au fil des années de travail qui lui ont valu d’avoir l'amour et le respect du public.
Des débuts marqués par son quartier d’enfance
Fille du quartier populaire de Belouizdad, anciennement Belcourt, à Alger, Biyouna a su puiser dans les détails du quotidien de ses ruelles animées les ingrédients qui alimenteront plus tard son parcours au cinéma, à la télévision, au théâtre ou même dans la chanson.
A ses débuts, Biyouna a fréquenté les ensembles de musique hawzi et andalou, participé à des séances de chant aux côtés de grandes voix féminines algériennes, repris avec elles des passages de chansons populaires très appréciées du public, et enfin dansé avec élégance et assurance sur des rythmes authentiques.
Et le cinéma s’invita dans son parcours
En 1973, la voilà qui apparaît pour la première fois à l'écran dans le rôle de "Fatma" dans la série "El Harik" (L'incendie) du réalisateur Mustapha Badie, un opus adapté de la trilogie de Mohammed Dib.
Grâce à son intelligence artistique et à son sens de l'humour, elle s'impose avec brio au cinéma, au théâtre et à la télévision, construisant une carrière de plus de cinquante ans riches en apport artistique et culturel.
Au cinéma, Biyouna a brillé dans des œuvres inoubliables, nationales et étrangères, excellant dans ses rôles portée par son style unique devenu sa marque de fabrique.
Des passages remarqués à la télévision
Parallèlement au cinéma, Biyouna a tracé son chemin sur le petit écran. Ainsi, son nom est associé à des rôles mémorables à partir des années 2000 aux côtés de nombreux artistes et dans des séries à grand succès comme "Nass Mlah City", "Bab Edechra", "Dar El Bahdja", "Dar Lefchouch", ainsi que la série tunisienne "Nsibti Laaziza".
Dans ses cordes de passion, le théâtre et la chanson
Artiste plurielle, Biyouna a pu mettre en oeuvre son rêve de se produire sur une scène de théâtre et a aussi fait une incursion dans la chanson avec trois albums sortis respectivement en 2001, 2006 et 200. Au menu, des morceaux puisés dans l’âme algérienne et adaptés à un style nouveau mélangeant le style algérois aux musiques méditerranéennes contemporaines.
Autant d’étapes qui justifient qu’elle ait été honorée en juin 2024 de la "Médaille du mérite et de l'excellence" par le Cercle des anciens de l'information et de la culture (CAIC) en reconnaissance du talent exceptionnel avec lequel elle a su faire vivre ses personnages autant dans des oeuvres de comédie que dans des drames faisant jaillir des éléments de l’âme algérienne à travers lesquels le public s’est reconnu. Ce qui justifie l’hommage qui est rendu aujourd’hui à Biyouna comme symbole de la mémoire artistique algérienne. (TransContinentsAfrica)
