Cotonou a vécu un moment fort en guise de ponctuation du Mois de la Mode. A travers “La Nuit de la mode”, la capitale économique du Bénin a abrité un défilé où quatorze créateurs ont montré leur inventivité en conjuguant tradition, mémoire et modernité.
Initiée par le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts et organisée par l'Agence de développement des arts et de la culture (ADAC), la 7e édition du Mois de la Mode s’est inscrite dans le sillage de l’esprit même qui a prévalu à sa mise sur pied à savoir la valorisation du patrimoine culturel tout en promouvant l'innovation esthétique non pas pour une quête d’absolu mais dans une optique de structuration durable du secteur de la mode en Afrique.
Un moment de fête et de réalisme économique
Ainsi, les stylistes béninois ont enchanté le public avec les passages de leurs mannequins, vêtus de tenues inspirées de la culture béninoise et mêlant traditions anciennes et modernité.
Selon le directeur général de l'ADAC, William Codjo, le thème “Racines et Futur” de cette édition du Mois de la mode a incarné la vision du gouvernement pour la filière mode. Celle-ci est d’ancrer la création dans l'immense richesse du patrimoine culturel tout en projetant les talents dans des futurs de l'innovation capables d’en faire des acteurs de premier plan dans l'économie mondiale.
Bien que les défis soient immenses, les stylistes ont démontré à travers ce défilé que le Bénin regorge d'une créativité foisonnante inspirée par un savoir-faire ancestral qui a pu être transmis de génération en génération. Ils ont par ailleurs su mettre en valeur des matières premières textiles d'une impressionnante diversité ainsi que d’une grande qualité.
Pour le Ministre de la Culture, Jean-Michel Abimbola, le Mois de la Mode, loin d'être seulement une succession de défilés, est un laboratoire vivant, un espace de révélation où se façonnent les contours de notre avenir créatif”. A en croire ses propos, “la mode, aujourd’hui, ne se réduit plus à l’art de vêtir. Elle est un langage universel, un levier d’influence et un miroir fidèle de notre humanité”. D’où la nécessité d’en faire “un véritable pilier de développement économique, à travers la formation, les partenariats internationaux et le soutien à l’entrepreneuriat créatif”.
Un mix d’enracinement, d’ouverture et de formation
Pour sa part, Carole Borna, conseillère technique aux arts du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, “en alliant héritage artisanal et sensibilité contemporaine, les créateurs béninois ont transformé le pagne tissé, le coton, le bogolan et le batik en les associant à des matières naturelles comme le raphia, les fibres végétales ou le cuir pour créer des œuvres originales”.
Dans le Keynote qu’elle a livré sur le thème “Former pour construire : accompagner les talents dans une industrie de mode émergente” lors de la cérémonie d’ouverture de la manifestation, Claude Borna, directrice générale de Sèmè City a présenté les initiatives en cours pour accompagner les jeunes créateurs et structurer un écosystème professionnel solide autour de la mode au Bénin, et en Afrique. Ainsi, le projet Fashion Lead by Youth (FLY) a-t-il été mis en avant côtoyant le désir de faire de Sèmè City une école de formation des talents créatifs de demain.
Autant d’éléments qui illustrent la pertinence de l’instauration de ce Mois de la Mode tous ans en juillet pour offrir aux créateurs un cadre de promotion pour dynamiser l'industrie béninoise de la mode. (TransContinentsAfrica)
