Bénin : le chef présumé du coup d’État avorté réfugié au Togo

MOUVEMENT. L’information a été donnée par deux responsables du gouvernement béninois qui ont exigé l’extradition immédiate du colonel Pascal Tigri.

Bénin : le chef présumé du coup d’État avorté réfugié au Togo

Voilà qui ne va pas simplifier la situation entre le Bénin et le Togo, deux pays voisins d’Afrique de l’Ouest que la présence de l’officier qui a perpétré le coup d’Etat va obliger de se parler pour statuer sur le sort qui devra être réservé à celui-ci en l’occurrence le lieutenant-colonel Pascal Tigri. 

Le présumé auteur du coup d’Etat refugié à Lomé

En effet, l’un des responsables béninois contacté par l’agence Reuters a déclaré que Pascal Tigri et d’autres personnes prétendument impliquées dans la tentative de coup d’État se cachaient dans le quartier de Lomé 2, lequel abrite également la résidence de celui qui dirige depuis de nombreuses années le Togo. en l’occurrence Faure Gnassingbé.

Il se trouve qu’un mémo du service national de renseignement béninois à son homologue togolais, daté de mercredi et consulté par Reuters, indique que quatre membres de l’armée béninoise avaient cherché refuge au Togo et que le jour du coup d’État, Pascal Tigri avait été contacté par quelqu’un utilisant un numéro de téléphone togolais. “Notre département souhaite solliciter votre soutien pour appréhender puis remettre ces soldats en fuite aux autorités béninoises par vos services compétents”, indique le mémo.

"Si le gouvernement togolais ne les extrade pas vers le Bénin, ce sera la preuve que le Togo était impliqué dans la tentative de coup d’État”, a déclaré le responsable.

Ce qui s’est passé autour du coup d’Etat

Pour rappel, les putschistes ont tenté de s’emparer du président Patrice  Talon à sa résidence. Ils se sont suffisamment approchés pour que Talon en personne soit témoin de violents affrontements, a indiqué lundi un communiqué du gouvernement béninois. Ils ont également enlevé deux hauts responsables militaires qui ont été libérés lundi matin, selon le communiqué.

Parallèlement, des soldats ont brièvement pris le contrôle de la télévision d’État béninoise dimanche matin et affirmé avoir destitué le président Patrice Talon, mais les forces armées béninoises, soutenues par la puissance de feu nigériane et le soutien logistique et de renseignement français, ont contrecarré la tentative. Au même moment, les soldats ont identifié Tigri comme le chef du coup d’État. 

Un porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a déclaré dimanche que 14 personnes avaient été arrêtées dans le cadre de la tentative de coup d’État.

Le Bénin n’a pas communiqué le nombre de morts des violences de dimanche, qui ont eu lieu à Cotonou, le centre commercial du pays et sa plus grande ville.

Le président Patrice Talon a promis de punir les auteurs de la tentative de coup d’État, déclarant dimanche dans un communiqué que “cette trahison ne restera pas impunie”.

Un compte rendu détaillé du gouvernement sur le déroulement de la tentative de coup d’État a indiqué qu’il y avait eu des victimes “des deux côtés”.

Et maintenant…

Le Bénin se prépare à une élection présidentielle en avril qui devrait marquer la fin du mandat de Talon. Son ministre des Finances, Romuald Wadagni, est le candidat de la coalition au pouvoir et est considéré comme le grand favori.

Quant au colonel Pascal Tigri et à ses complices présumés, leur présence au Togo pourrait contribuer à aggraver les divisions diplomatiques en Afrique de l’Ouest, une région qui a subi de nombreux coups d’Etat ces dernières années et qui est mise sous pression par le terrorisme djihadiste au Sahel. (TransContinentsAfrica)

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