Les derniers événements liés au coup d’Etat du 7 décembre n’y sont certainement pas étrangers. Aussi comprend-t-on la précaution prise par le gouvernement qui a préféré se sécuriser en fermant ses frontières terrestres avec le Togo au sud-ouest, le Nigeria au sud-est, le Niger au nord et le Burkina Faso au nord-ouest à l’occasion des élections législatives et communales de ce dimanche 11 janvier.
En effet, cette date a été fixée dans le respect du calendrier électoral publié par la Commission électorale nationale autonome (CENA), organe chargé de l'organisation des scrutins, les élections législatives et communales.
Comment les élections sont-elles organisées ?
Pour les élections législatives d’abord.
Conformément au nouveau code électoral en vigueur au Bénin, les 109 députés de l'Assemblée nationale sont élus au suffrage universel direct, au scrutin de liste à la représentation proportionnelle, pour un mandat de sept ans, dans 24 circonscriptions correspondant aux limites des départements. Pour l'attribution des sièges dans une circonscription, un parti politique doit obtenir au moins 10% des suffrages exprimés tant au niveau de la circonscription qu'au niveau national.
Pour les élections communales ensuite.
1.815 conseillers seront élus dans les 546 arrondissements répartis au sein des 77 communes du pays, selon un scrutin proportionnel plurinominal assorti d'un double seuil électoral. L'attribution des sièges est également conditionnée à l'obtention d'au moins 10% des suffrages exprimés au niveau de la circonscription et au plan national.
Quels sont les partis qui participent aux deux scrutins ?
- Pour les élections législatives, cinq partis sont en lice.
D’abord, les partis de la mouvance présidentielle.
Il y a l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) qui en est le premier pilier, et le Bloc Républicain (BR), qui en est le deuxième.
Il s’en suit le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (MOELE-Bénin), formation proche de la mouvance présidentielle aussi mais souvent qualifiée de satellite.
Pour ce qui est des partis dits d'opposition, de l’opposition, il y a d'abord Les Démocrates (LD) qui en est le principal animateur. Ce parti est dirigé par l'ex-président Thomas Boni Yayi. Particularité : ces législatives constituent le seul scrutin auquel il participe en 2026.
Il y a ensuite les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE). Cette formation politique est considérée comme d’opposition modérée, ce qui conduit à la voir parfois en accord ponctuel avec la majorité.
Ces cinq partis ont présenté des listes de 218 candidats, soit 109 titulaires et 109 suppléants, couvrant les 24 circonscriptions électorales. Le seuil pour obtenir des sièges est de 10 % des voix exprimées au niveau national.
- Pour les élections communales, seuls trois partis ont été retenus : l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), le Bloc Républicain (BR) et les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE)
Pour des problèmes de complétude des dossiers ou autres irrégularités, les listes des Démocrates et de MOELE-Bénin ont été invalidées.
Contexte global de ce scrutin
A titre indicatif, ce scrutin est le premier d'une année électorale intense au Bénin. Il précède l'élection présidentielle du 12 avril 2026.
La campagne électorale a été relativement calme. Elle a été marquée par une mobilisation modérée et un contexte post-tentative de coup d'État avortée en décembre 2025.
Le taux de participation et la capacité de l'opposition (notamment Les Démocrates) à percer seront particulièrement scrutés. (TransContinentsAfrica)
