Dans une lettre adressée à son Premier ministre, François Bayrou, qui a été vue par Reuters, Emmanuel Macron a déclaré que les difficultés croissantes que la France rencontre en matière de migration et de sécurité avec l’Algérie nécessitent une position plus ferme à l’égard de l’ancienne colonie française.
Une décision à élargir à l’Europe de Schengen
Macron a demandé au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, de notifier officiellement à l’Algérie la suspension d’un accord de 2013 qui exemptait les détenteurs de passeports diplomatiques et officiels de l’obligation de visa.
Il a également demandé que le ministre de l'Intérieur français demande aux pays de l'espace Schengen - qui permettent de voyager sans passeport entre leurs frontières - d'aider la France à appliquer la politique de visa plus stricte, notamment en consultant la France pour la délivrance de visas de court séjour pour les fonctionnaires algériens en question et les passeports couverts par l'accord de 2013.
"La France doit être forte et imposer le respect. Elle ne peut recevoir cela de ses partenaires que si elle leur montre le respect qu’elle exige d’eux. Cette règle de base s’applique également à l’Algérie”, a déclaré M. Macron.
Une suite logique de la détérioration des relations entre les deux pays
Les relations entre Paris et Alger se sont détériorées depuis que la France a reconnu en juillet 2024 la souveraineté du Maroc sur le territoire contesté du Sahara occidental, que Rabat souhaite que la communauté internationale reconnaisse comme marocain.
Les tensions se sont accrues après que l’Algérie a détenu l’auteur franco-algérien Boualem Sansal en novembre et ont atteint leur paroxysme en février de cette année lorsqu’un citoyen algérien que la France avait longtemps essayé en vain de rapatrier a été arrêté en tant que suspect dans une attaque au couteau dans la ville de Mulhouse qui a tué une personne et en a blessé trois.
Le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a demandé à plusieurs reprises la révision des accords franco-algériens sur la migration et les visas, suite au refus des autorités algériennes de reprendre leurs citoyens qui ont reçu l’ordre de quitter la France dans le cadre du régime d’expulsion “OQTF” (obligation de quitter le territoire français).
Autant d’éléments qui illustrent un cran de plus dans la détérioration des relations qui est en train de se matérialiser actuellement. Une question : jusqu’où ira la défiance mutuelle entre les deux pays ?
