Autant pour le taux d’abstention enregistré de près de 78 % que pour l’élection de Khalida Boufedeche, les législatives du 2 juillet sont parties pour entrer dans l’histoire. En effet, elle est la première femme à la tête de la chambre basse depuis l'indépendance.
Comment s’est passé l'élection du 28 juillet
La candidature de Khalida Boufedeche a reçu le soutien des principaux partis représentés à l'assemblée soit le FLN, le RND, le Front El Moustakbal, le parti El Bina, les Indépendants, Sawt Al Chaab, Al Karama et le Front de l'Algérie nouvelle. Ceci explique le score sans appel qu’elle a obtenu : 302 voix contre 57 pour Amine Allouche (MSP) et 7 pour Rachid Hassani (RCD).
Ainsi devenue le quatrième personnage de l'État, elle remplace Brahim Boughali, qui a présidé l'APN pendant les cinq dernières années (2021-2026), pour toute la durée de la dixième législature.
Un contexte de sous-représentation des femmes
Ce qui est extraordinaire, c’est que seules 23 femmes ont été élues à l'issue des législatives du 2 juillet sur un total de 407 députés, soit 5,6%, un chiffre en net recul par rapport aux législatures précédentes où le quota de représentation féminine était plus contraignant. L'accession de Boufedeche à la présidence de l'APN coexiste donc avec un recul quantitatif de la présence féminine au Parlement, ce qui interroge sur la nature de cette “première”.
Quel parcours pour Khalida Boufedeche ?
Née le 27 mai 1982, mariée et mère de deux filles, la nouvelle présidente de l’Assemblée est médecin; Elle a été diplômée de médecine générale de l'Université d'Alger en 2008 et est titulaire d'un DES en allergologie et immunologie clinique obtenu en 2019. Avant d’accéder au Perchoir, elle exerçait comme cheffe de service à la Direction de la santé et de la population de la wilaya d'Alger, au CHU de Béni Messous.
Son parcours politique est celui d'une militante de terrain avant d'être une figure nationale : élue à l'Assemblée populaire communale de Bordj El Bahri puis à l'assemblée de la wilaya d'Alger, elle est devenue députée de la wilaya d'Alger lors des législatives du 2 juillet 2026. Elle est membre du comité central du FLN, le parti historique de l'indépendance, arrivé en tête du scrutin.
Une première dans un contexte fragile
Si le symbole est fort, il convient de noter qu’il apparaît dans un contexte particulier.
D’abord, le scrutin législatif a été marqué par un taux de participation de 21,24%, le plus bas jamais enregistré. On est donc face à une présidente élue avec une large majorité parlementaire, mais adossée à une assemblée elle-même issue d'un vote massivement déserté.
Ensuite, sur le plan partisan, son appartenance au FLN et au comité central du parti signale une continuité et pas une rupture générationnelle ou idéologique avec l'appareil au pouvoir, malgré la nouveauté du genre au perchoir.
Une première donc qu’il faudra observer dans la pratique pour pouvoir dépasser le symbole et apprécier l’efficacité. (TransContinentsAfrica)
