C'est un événement important qui vient de se produire en Afrique du Sud. Il concerne celui qui était président de l’African National Congress (ANC) alors que l’organisation y était interdite par le gouvernement raciste de l’apartheid. Son nom : Albert Luthuli.
Prix Nobel de la paix en 1960 pour son opposition ferme mais non violente au système inique de l’apartheid, il avait, selon les autorités de l’époque, été tué par un train de marchandises près de son domicile à Groutville, dans la province du KwaZulu-Natal.
L’enquête officielle avait conclu à un accident, faute de preuves de responsabilité pénale. Toutefois, sa famille et plusieurs militants ont toujours douté de cette version, soupçonnant un acte criminel orchestré par le régime de l’apartheid.
C’est son cas et celui de de l’avocat des droits humains Griffiths Mxenge qui vont être réexaminés.
Apparition de nouveaux éléments dans le dossier
L'Autorité nationale des poursuites (NPA) sud-africaine a donc ordonné la réouverture des enquêtes sur leurs morts suspectes.
Les audiences ont débuté ce lundi 14 avril devant la Haute Cour de Pietermaritzburg. Elles vont réexaminer les circonstances entourant la mort d’Albert Luthuli et de Griffiths Mxenge, des circonstances longtemps jugées controversées.
La décision de réouverture de ces enquêtes intervient après l’émergence de nouveaux éléments de preuve susceptibles de remettre en question les conclusions des enquêtes initiales, selon la NPA. Le ministère de la Justice a insisté sur la nécessité de rouvrir ces dossiers au nom de la justice et de la vérité.
Pour rappel, le lauréat du prix Nobel de la paix en 1960 pour sa lutte non violente contre l’apartheid vivait alors sous de strictes restrictions. Interdit de toute activité politique, il n’était pas autorisé à quitter sa zone de résidence. Son petit-fils, Albert Mthunzi Luthuli, a salué la reprise des investigations : “Nous pensons que la Commission vérité et réconciliation a abandonné de nombreuses familles de victimes en accordant l’amnistie aux meurtriers de l’apartheid”, a-t-il déclaré cité par APAnews.
A côté du cas Luthuli, celui de Griffiths Mxenge
Le second dossier concerne Griffiths Mxenge, avocat renommé et militant anti-apartheid. Il avait été assassiné en 1981 à Umlazi, près de Durban. Son corps portait de nombreuses blessures. Poignardé à plusieurs reprises, il avait aussi été égorgé.

Si l’enquête initiale n’avait pas permis d’identifier les responsables, les révélations de Butana Almond Nofemela en 1990 ont permis de faire la lumière sur ce crime.
Ce dernier, ancien membre d’un escadron de la mort du régime de l'apartheid, a reconnu sa participation au meurtre, aux côtés de Dirk Coetzee et David Tshikalange. Tous trois avaient ensuite été amnistiés par la Commission vérité et réconciliation en 1997. (TransContinentsAfrica)
