Inscrit dans une stratégie continentale visant à bâtir cinq usines d’intelligence artificielle en Afrique d’ici douze mois, le projet du zimbabwéen Strive Masiyiwa d’installer au Maroc une AI Factory va renforcer la place du royaume chérifien dans l’écosystème africain de l’intelligence artificielle. Et les 720 millions de dollars engagés sont une illustration de l’intérêt et de la confiance grandissante à l’endroit du Maroc pour toute ce qui concerne les nouvelles technologies.
Le cheminement d’un investissement majeur
Il faut savoir que la filiale Africa Data Centres, déjà présente dans plusieurs capitales africaines, avait acquis dès 2024 un terrain dans la métropole marocaine, Casablanca. Et le choix n’est pas fortuit. Cette implantation est en effet appelée à devenir un hub régional pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest, offrant des capacités de calcul intensif, de cloud et de cybersécurité. À terme, elle devrait aussi favoriser l’émergence d’un écosystème de start-up et de chercheurs spécialisés dans l’intelligence artificielle.

Pour Strive Masiyiwa, l’enjeu est de bâtir une “Afrique digitale souveraine”, capable de tirer parti des nouvelles technologies pour répondre à ses propres besoins. Pour Rabat, cette implantation vient conforter une ambition déjà affirmée : devenir l’un des hubs incontournables de la donnée et de l’intelligence artificielle sur le continent.
Un investissement aligné avec l’ambition du royaume chérifien
L’annonce s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale du Royaume, qui fait du numérique un pilier de son développement économique. Le Maroc a en effet multiplié les investissements dans les data centers et la connectivité internationale, en particulier dans la région de Casablanca, déjà considérée comme un carrefour africain pour l’hébergement de données.

Les autorités ont par ailleurs lancé plusieurs initiatives pour renforcer la souveraineté numérique, en garantissant que les données sensibles soient hébergées sur le sol national et en favorisant des partenariats technologiques avec des acteurs internationaux. Cette orientation vise à réduire la dépendance aux infrastructures étrangères et à stimuler la compétitivité des entreprises marocaines dans les secteurs stratégiques.
La confirmation du Maroc comme place forte du numérique
La future “AI Factory” de Cassava renforcera donc la position du Maroc comme passerelle entre l’Afrique et l’Europe en matière de technologies émergentes. Elle devrait aussi contribuer à attirer des investissements dans les domaines de la santé, de la finance, de l’agriculture intelligente ou encore des smart cities, autant de secteurs identifiés comme prioritaires dans la feuille de route numérique du pays.
Outre le Maroc, Cassava Technologies prévoit de développer d’autres unités en Tunisie et en Égypte, ainsi qu’en Afrique subsaharienne, afin de créer un réseau panafricain intégré capable de soutenir les besoins croissants en infrastructures numériques. (TransContinentsAfrica)
