Guinée-Bissau, Bénin, Guinée, Niger, Burkina Faso, Mali : l’Afrique de l’Ouest semble partie sur une trajectoire des plus inquiétantes qui ramène les pays de la sous-région ouest-africaine à une époque que d’aucuns croyaient révolue encouragés qu’ils étaient par les promesses de printemps démocratiques qui ont suivi les conférences nationales du début des années 1990. Résolument remontée contre les coups d’Etat, la Cédéao vient de s’impliquer avec fermeté au Bénin pour éviter le renversement de l’ordre constitutionnel et vient d’envoyer un coup de semonce en direction de la Guinée-Bissau.
Rejet de la transition militaire en cours en Guinée-Bissau
On a pu penser un moment que la Cédéao était dans un double standard suite à sa réaction assez mesurée dans un premier temps contre les putschistes de Bissau et sa rapide intervention au Bénin.
Comme pour démentir cette assertion, elle a non seulement rejeté ce dimanche le programme de transition annoncé par les dirigeants militaires de la Guinée-Bissau mais elle a aussi exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel mettant en garde contre des sanctions ciblées à l’encontre de ceux qui entravent le processus.
Lors du sommet annuel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui s’est tenu en cette mi-décembre à Abuja, la capitale du Nigeria, les dirigeants ont appelé à la libération immédiate de tous les détenus politiques, y compris les figures de l’opposition, et ont insisté sur une transition courte et inclusive en Guinée-Bissau.
“Les dirigeants de la CEDEAO ont décidé de veiller à ce qu’il n’y ait aucune tolérance pour un changement de gouvernement inconstitutionnel”, a déclaré Omar Touray, président de la Commission de la CEDEAO. Et d’ajouter que les élections qui se sont tenues le 23 novembre ont été jugées libres et transparentes par ses propres observateurs, l’Union africaine et la Communauté des pays de langue portugaise.
Au-delà, la Cédéao a également chargé son président de diriger une délégation de haut niveau en Guinée-Bissau pour des pourparlers avec la junte. Si la junte ne se conforme pas aux demandes de la CEDEAO, le bloc imposera des sanctions ciblées aux individus ou aux groupes qui bloquent la transition, a déclaré le bloc, exhortant l’Union africaine et les partenaires internationaux à soutenir ses efforts.
Rappel de ce qui s’est passé en Guinée-Bissau
Revenons sur le coup d’Etat en Guinée-Bissau. Le 26 novembre, des officiers de l’armée bissau-guinéenne, se faisant appeler le Haut commandement militaire, ont renversé le président en fin de mandat Umaro Sissoco Embalo et installé le général de division Horta N’Tam comme président par intérim le lendemain.
Le coup d’État en Guinée-Bissau est le neuvième en Afrique de l’Ouest et du Centre en cinq ans, ce qui renforce les inquiétudes concernant le recul de la démocratie dans une région déjà aux prises avec l’insécurité et l’instabilité politique.
Dénonciation des coups d’Etat par la Cédéao
Présidant sa première session ordinaire à la tête de la Cédéao, le président sierra-léonais appelle à l’accélération de l’intégration économique dans un contexte marqué par les crises politiques.
Dans un tel contexte, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, présidant dimanche sa première session ordinaire en tant que président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a dénoncé la montée des changements inconstitutionnels de gouvernement dans la sous-région, qualifiant ce phénomène de «menace pour la stabilité régionale».
Ouvrant la 68e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao, le président Bio a réaffirmé “l’engagement de l’organisation envers la gouvernance démocratique”, alors que la région fait face à des crises politiques sans précédent.
Faire progresser l’intégration économique
Au-delà, le dirigeant sierra-léonais a appelé les États membres à “faire progresser le marché unique de la Cédéao, la libéralisation du commerce et les infrastructures transfrontalières”, dans le cadre du renforcement de l’intégration économique régionale.
Le président Bio a par ailleurs annoncé une nouvelle mesure de la Cédéao visant à réduire les coûts du transport aérien dans l’espace communautaire à compter du 1er janvier 2026. (TransContinentsAfrica)
