Parmi les sujets qui ont retenu l’attention dans l’actualité en Afrique de l’Ouest, il y a les dynamiques contrastées de croissance économique et de fragilités sécuritaires au Bénin, les débats autour de la forte entréée en scène de la justice dans la politique en Côte d’Ivoire, la question des réparations dues à l’esclavage au Ghana, et le défi des engagements sociaux du gouvernement au Sénégal.
Le Bénin entre croissance économique et fragilités sécuritaires
Selon le quotidien béninois La Nation, l’espace communautaire regroupant huit pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Bénin, a enregistré une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 7 % au quatrième trimestre de l’année 2024. Un chiffre impressionnant, porté par l’ensemble des secteurs d’activité : agriculture, énergie, services et commerce.
Le Bénin, qualifié de ‘pilier de la relance” par le journal, bénéficie particulièrement de cette dynamique. Le pays a su capitaliser sur des réformes économiques soutenues, des investissements stratégiques dans les infrastructures et une politique de modernisation agricole. Le commerce régional et l’expansion des énergies renouvelables y jouent également un rôle central.

Mais cette croissance est assombrie par les menaces sécuritaires dans le nord du Bénin. Les attaques jihadistes se sont intensifiées au cours des derniers mois, ciblant notamment les forces armées. Le Monde Afrique rappelle qu’une attaque djihadiste meurtrière, survenue le 17 avril 2025, a coûté la vie à 54 soldats béninois.
Cette escalade met en lumière la fragilité sécuritaire du pays face à la pression exercée par les groupes armés transfrontaliers opérant depuis le Burkina Faso et le Niger. Selon le média français, cette situation résulterait d’un « manque de coopération » entre les trois pays riverains, ouvrant ainsi un boulevard aux groupes djihadistes.
La Cedeao évoque les réparations dues à l’esclavage
A Accra, capitale du Ghana, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) a célébré le 22 avril dernier son cinquantième anniversaire. Mais au-delà des festivités, une question de fond a occupé une place centrale dans les échanges : celle des réparations historiques.

Comme le rapporte Maliweb, des discussions sont engagées au sein de l’organisation sous-régionale autour de cette thématique, en résonance avec le thème choisi par l’Union africaine pour l’année 2025 : “Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine grâce aux réparations”. Le représentant permanent du Nigéria auprès de la Cédéao a confirmé l’ouverture de consultations entre États membres, témoignant d’un tournant symbolique important sur le continent.
La Côte d’Ivoire entre politique et justice
En Côte d’Ivoire, c’est le terrain politique qui concentre l’attention. La radiation de Tidjane Thiam des listes électorales, à six mois de l’élection présidentielle, continue de susciter débats et controverses. Le camp présidentiel, par la voix de Kobenan Kouassi Adjoumani, porte-parole du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a tenu à relativiser la portée politique de cette exclusion. "Le cas Tidjane Thiam n’est pas une affaire politique", a-t-il déclaré, estimant que l’ancien patron du Crédit Suisse serait "auteur et victime de ses propres turpitudes".

RFI, Jeune Afrique et Le Monde Afrique, entre autres médias, se sont fait l'écho de l'appréciation de Tidjane Thiam sur cette décision qu'il juge "inique" et contre laquelle il n'envisage nullement de baisser les bras, bien au contraire. Du côté de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Abidjan.net rapporte que la marche prévue à Abidjan en protestation contre cette décision n'a pas mobilisé comme souhaité et a peut-être illustré une fragilité interne au sein du principal parti d’opposition.
Le Sénégal sur le front social
Enfin, au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a affiché sa volonté de promouvoir l’unité nationale à l’occasion de la quatrième Conférence sur l’emploi et l’employabilité, ouverte jeudi. Le Soleil rapporte que le chef de l’Etat mise sur la finalisation d’un pacte de stabilité sociale pour poser les bases d’un développement inclusif.

Le monde économique s’est montré réceptif mais prudent. Adama Lam, représentant du patronat, appelle à un « changement de paradigmes » afin de parvenir à des "réalisations concrètes". Le syndicaliste Mody Guiro, quant à lui, a rappelé que "l’heure est aux urgences", insistant sur l’ampleur du chômage des jeunes.
De son côté, Sud Quotidien évoque une stratégie gouvernementale en cours d’élaboration pour répondre aux défis de l’emploi, tandis que Walf Quotidien évoque la "Diomaye Formula", soulignant les attentes du secteur privé, qu’Adama Lam décrit comme "traumatisé" par les incertitudes économiques et les lenteurs administratives. (TransContinentsAfrica)
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