Ce dont il est question dans l’initiative “AI for 10M Africans”, c’est un programme d’apprentissage gratuit de l’intelligence artificielle à destination de 10 millions de personnes sur le continent. Ce programme propose des parcours d’apprentissage structurés, adaptés à tous les niveaux. Il commence par des cours fondamentaux et évolue vers des modules avancés sur le machine learning, la science des données, l’ingénierie de l’IA et les applications concrètes.
“AI for 10M Africans” : comment ça marche ?
Dans le détail, les initiateurs indiquent qu’il est accessible en plusieurs langues parlées sur le continent, notamment l’anglais, le français, le swahili et l’arabe. Les apprenants pourront obtenir des certifications et bénéficier d’un accompagnement professionnel pour faciliter leur insertion dans divers secteurs. Pour soutenir ses plans, AltSchool compte s’appuyer sur des partenariats stratégiques avec des universités, des entreprises technologiques et des institutions publiques. L’organisation, qui a déjà formé plus de 60 000 étudiants depuis sa création en 2021 selon Techpoint, appelle également les gouvernements, ONG et entreprises à contribuer par des soutiens financiers, du mentorat ou des offres d’emploi.

Pour Adewale Yusuf (photo, au centre), PDG d’AltSchool, il s’agit d’éviter que l’Afrique ne rate le virage de l’intelligence artificielle. “L’avenir appartient à ceux qui sont préparés. L’IA n’est plus une technologie du futur ; elle façonne aujourd’hui les industries, les économies et la vie quotidienne. Avec cette initiative, nous prenons une mesure audacieuse pour faire en sorte que les Africains ne soient pas laissés pour compte”, a-t-il affirmé.
Dans le sillage d’autres programmes
Avant cette initiative, d’autres programmes ont été récemment annoncés pour combler le déficit de compétences techniques en matière d’IA en Afrique.
En janvier 2025, l’Union internationale des télécommunications (UIT) a annoncé la création d’une Coalition pour les compétences en IA, regroupant plus de 25 organisations, dont Microsoft, Amazon Web Services (AWS) et la Communauté de l’Afrique de l’Est. L’initiative prévoit le lancement d’une plateforme en ligne accessible à tous, proposant des formations sur l’utilisation de l’IA et l’IA générative, à des fins de développement durable. Parallèlement, la Banque africaine de développement et Intel ont conclu en juin 2024 un accord stratégique visant à former trois millions d’Africains, dont 30 000 fonctionnaires, aux compétences en intelligence artificielle.

La multiplication de ce type d’initiatives est une bonne nouvelle pour le continent où l’IA a la capacité de générer jusqu’à 1200 milliards de dollars pour l’économie selon une étude de PwC. Mais cette promesse dépendra de la capacité du continent à transformer les formations en applications concrètes, dans un contexte encore marqué par plusieurs défis, parmi lesquels on retrouve un accès inégal à Internet, la qualité de la connectivité, ou encore des infrastructures limitées.
