Promotion de la paix : Nouakchott hôte de la Conférence africaine

MOMENT. Impulsée par Cheikh Abdallah ben Bayyah, cette manifestation a reçu des centaines d’érudits, universitaires et décideurs venus des quatre coins du monde.

Promotion de la paix : Nouakchott hôte de la Conférence africaine

C’est sous le signe du thème “L’Afrique et la construction de l’espoir” que se tient au Centre international des Conférences Moctar Ould Daddah de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, la sixième édition de la Conférence africaine pour la promotion de la paix. Prévue sur deux jours, soit jusqu’au 12 février, elle a été le théâtre d’appels pressants à la restauration des valeurs de paix sur le continent mais aussi à la remise du Prix africain de la paix. 

Ce qu’est la Conférence africaine pour la promotion de la paix

Evénement annuel qui rassemble des centaines d’universitaires, d’éducateurs, de leaders d’opinion et de décideurs de tout le continent, la Conférence africaine pour la promotion de la paix sert d’incubateur pour des initiatives et projets qui promeuvent l’harmonie et instaurent la paix dans les sociétés africaines.

Des sessions de travail y sont animées par des experts et religieux internationaux qui débattent des enjeux de paix et de stabilité sur le continent africain.

Selon ses organisateurs, la conférence vise à “servir de plateforme d’élaboration de politiques et à proposer des initiatives concrètes qui convainquent les peuples africains que leur avenir se construit grâce à la science et au travail dans un climat de stabilité, loin des tragédies des migrants et des mystères de l’extrémisme”.

Comme à chaque édition, une affluence record en a marqué la cérémonie d’ouverture rehaussée qu’elle a été par la présence de hauts responsables et de personnalités religieuses et par des discours de haute tenue sur les enjeux de paix en Afrique 

“La paix est la clé de l’espérance" selon Cheikh Abdallah ben Bayyah

Dans son discours inaugural, le président de la conférence, Cheikh Abdallah ben Bayyah, a exprimé la gratitude des participants au président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et au gouvernement pour leur soutien constant aux efforts de paix en Afrique.

S’adressant aux participants, Cheikh ben Bayyah a transmis les salutations du président des Émirats Arabes Unis, Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, qui partage “l’engagement en faveur de la paix et les efforts pour la consolider en Afrique et dans le monde”.

Grand érudit, Cheikh Abdallah ben Bayyah a souligné que le continent africain, considéré comme “l’avenir du monde en raison de la richesse de ses ressources humaines et naturelles”, fait face à des tensions internes, rivalités internationales et défis sécuritaires qui mettent à l’épreuve la cohésion des nations.

Créateur de la Conférence africaine pour la promotion de la Paix, Cheikh Ben Bayyah est également le président du Forum d'Abou Dhabi pour la Paix.
Créateur de la Conférence africaine pour la promotion de la Paix, Cheikh Ben Bayyah est également le président du Forum d'Abou Dhabi pour la Paix.

“L’espérance dont il est question ici n’est pas une simple consolation des âmes, mais une énergie éthique fondatrice, qui prémunit contre le nihilisme et oriente la volonté humaine vers la justice”, a déclaré celui qui est également le président du Forum d’Abou Dhabi pour la Paix, ajoutant que “l’alternative est le désespoir - un mal profond qui affaiblit les âmes, obscurcit les consciences et crée un terrain propice à l’extrémisme, à la violence et à la corruption”.

Cheikh ben Bayyah a appelé les savants, hommes de sagesse et dirigeants à assumer “la responsabilité du conseil sincère envers les serviteurs de Dieu, afin que les épées de la discorde soient rengainées”, rappelant que “la paix est la clé de l’espérance”.

“Cette déclaration est devenue depuis une référence majeure, en Orient comme en Occident, pour la protection de la dignité humaine et la promotion de la coexistence pacifique”, a-t-il souligné.

Et de rappeler le dixième anniversaire de la Déclaration de Marrakech sur les droits des minorités religieuses dans le monde musulman, fruit d’une coopération entre le Forum d’Abou Dhabi pour la Paix et le ministère des Habous du Royaume du Maroc.

Les valeurs au coeur du chantier de la paix

De son côté, le Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djay, a salué le rôle majeur joué par Cheikh Abdallah ben Bayyah dans “la mise en avant de l’inspiration des finalités universelles de la charia, afin de promouvoir les valeurs de tolérance, de fraternité et de compassion”.

Le premier ministre mauritanie, Moctar Ould Djay, a salué le rôle majeur joué par Cheikh Abdallah ben Bayyah qui est aussi son compatriote. 
Le premier ministre mauritanie, Moctar Ould Djay, a salué le rôle majeur joué par Cheikh Abdallah ben Bayyah qui est aussi son compatriote. 

M. Ould Djay a souligné que le président mauritanien a fait de l’approche fondée sur la pensée et les valeurs “un pilier fondamental de la stratégie sécuritaire intégrée” du pays, qui repose sur le lien entre développement et sécurité, la justice sociale et la diffusion des valeurs de juste milieu et de modération.

La paix exige de restaurer des valeurs

Le ministre marocain des Biens religieux et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a appelé à “la restauration des valeurs de paix” et à en faire “un modèle vivant pour appeler à l’islam et à la paix”, considérant que “la réforme de l’être humain est la clé de cette entreprise”.

Dans son intervention, M. Toufiq a exhorté les musulmans à “prendre conscience qu’il est de leur devoir, pour leur propre bien et pour le bien du monde, de rétablir l’éthique de la paix dans leur vie”, ajoutant que cela exige “la libération de l’égoïsme par le monothéisme”, car l’égoïsme constitue “l’épicentre des guerres”.

Ahmed Toufiq, ministre marocain des Biens religieux et des Affaires islamiques, a appelé à “la restauration des valeurs de paix”.
Ahmed Toufiq, ministre marocain des Biens religieux et des Affaires islamiques, a appelé à “la restauration des valeurs de paix”.

Le ministre marocain a également appelé les érudits et les imams à réfuter les accusations de terrorisme, citant l’exemple d’un séminaire organisé par des érudits marocains en 2007 au cours duquel “ils ont expliqué, discuté, réfuté et démontré que 11 affirmations concernant le terrorisme mènent au terrorisme et ne sont pas fondées sur la charia et la sunna correctes”.

Restaurer le discours religieux éclairé

Le secrétaire général adjoint de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Youssef Al-Dobeay, a souligné que les défis auxquels est confronté le continent africain “affaiblissent les voies du développement et entraînent la perte d’espoir chez les jeunes”, appelant à “restaurer le rôle du discours religieux éclairé pour protéger les esprits”.

Le secrétaire général adjoint de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Youssef Al-Dobeay, a appelé à “restaurer le rôle du discours religieux éclairé pour protéger les esprits".
Le secrétaire général adjoint de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Youssef Al-Dobeay, a appelé à “restaurer le rôle du discours religieux éclairé pour protéger les esprits".

M. Al-Dobeay a affirmé la volonté de l’OCI “de coopérer pleinement avec tous les partenaires régionaux et internationaux pour autonomiser les jeunes et consolider la paix dans les régions du Sahel et du lac Tchad”.

Le Prix de la Paix décerné au Tchad et à son président

Au-delà de ces interventions, il a été question de la remise, par le Premier ministre Moctar Ould Djay, du Prix africain pour la promotion de la paix au représentant du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale chargé de la Décentralisation, Dr Ahmat Oumar Ahmat.

Pour le président Déby Itno et pour le Tcahd, le ministre tachadien, le Dr Ahmat Oumar Ahmat a reçu le Prix de la Paix de Cheikh Ben Bayyah et du premier ministre mauritanien.
Pour le président Déby Itno et pour le Tcahd, le ministre tachadien, le Dr Ahmat Oumar Ahmat a reçu le Prix de la Paix de Cheikh Ben Bayyah et du premier ministre mauritanien.

De quoi conduire Cheikh ben Bayyah à saluer “la noble réponse humanitaire manifestée par le peuple tchadien - dirigeants et citoyens - envers leurs frères et sœurs contraints par la guerre et les conflits à l’exil”, saluant “les contributions concrètes de la République du Tchad au renforcement de la paix régionale”.

Le représentant du président tchadien a exprimé la fierté et “la grande appréciation” de son pays pour cette distinction, “considérant cette récompense comme un honneur pour le Tchad et un message d’espoir pour toute l’humanité”. (TransContinentsAfrica)

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