C’était un moment très attendu. Ce lundi 8 septembre, la proclamation de la liste des candidats au scrutin du 25 octobre prochain a été faite par la présidente du Conseil constitutionnel, Chantal Camara Nanaba. Le Conseil constitutionnel a considéré cinq candidatures éligibles. Certaines concernent des personnalités pas toujours sur le devant de la scène. Parallèlement, pour diverses raisons, des personnalités de premier plan ont été écartées.
Ouattara, Billon, Simone ex-Gbagbo, Don Mello et Henriette Lagou retenus
Indépendamment de la candidature du président sortant, Alassane Ouattara, candidat du RHDP, trois personnalités, en vue pour des raisons différentes mais néanmoins liées à leur parcours, ont été déclarées aptes à se présenter devant les électeurs. Une quatrième, plus discrète, les a rejointes.
Il y a d’abord la candidature de l’ex-ministre du Commerce Jean-Louis Billon. Il se présente sous les couleurs du Congrès Démocratique (CODE). Ex-cadre du PDCI, il n’a pas suivi la logique de son parti qui considérait qu’une seule candidature devait le représenter : celle de Tidjane Thiam.
Il y a ensuite celle de l’ex-Première dame de Côte d'Ivoire Simone Ehivet. Désormais divorcée de l’ex-président Laurent Gbagbo, elle se présente sous les couleurs du Mouvement des Générations Capables (MGC).
S’y ajoute la candidature de Ahoua Don-Mello Jacob qui a une casquette d’Indépendant. L'explication pour cet ancien membre des hautes instances du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo : partisan d’un plan B pour le cas fortement probable où la candidature de l’ex-président ne serait pas retenue, il a été exclu et a dû se présenter sous sa casquette propre.
Enfin, il y a celle de Henriette Lagou du Groupement des partenaires politiques pour la paix (GP-PAIX).
Thiam, Gbagbo, Affi-N'Guessan recalés
Parmi les candidatures non validées, il y a celle de l’ex-CEO de Crédit Suisse, Tidjane Thiam. Président du Parti démocratique de Côte d'ivoire (PDCI - opposition), sa candidature a été jugée irrecevable pour non-inscription sur la liste électorale. La raison : il ne figure pas sur la liste électorale et donc n'est pas éligible. Pour rappel, l'inscription de Tidjane Thiam avait été considérée comme nulle car il disposait à ce moment-là de la nationalité française.
Le PDCI a demandé au Conseil constitutionnel une nouvelle révision de la liste électorale pour permettre à Tidjane Thiam de s’inscrire sur la liste électorale, mais le Conseil a soutenu ne pas être compétent pour juger du contentieux sur la liste électorale. A ses yeux, ce rôle est dévolu à la Commission électorale.
Quid de la candidature de l’ex-président Laurent Gbagbo ? Elle a également été rejetée par le Conseil constitutionnel pour non-inscription sur la liste électorale. L'explication : sa condamnation pour "le braquage de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO)".
Du côté du PPA-CI, on considère que cette condamnation pour laquelle il n'a pas été amnistié est irrégulière. Son argument : l'acte en question entrait dans le champ de “l’exercice des fonctions" de Laurent Gbagbo, alors président de la République. Pour le parti, l’ex-président aurait dû être jugé par la Haute cour de justice. La requête dans ce sens a, malheureusement pour le parti, été rejetée par le Conseil électoral.
Autre recalé notable : Pascal Affi-N'Guessan, ex-premier-ministre et président du Front populaire ivoirien (FPI), le premier parti de Laurent Gbagbo. Il lui est reproché des parrainages en double sur plusieurs listes et un déficit de 20.504 parrainages.
A un autre niveau du point de vue de la popularité, il y a le pasteur Wilfried Amagou Zahui. il n’a pas été retenu sur la liste définitive à l’instar de Antoine Assalé Tiémoko, qui se présentait sous les couleurs du parti Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), et de l’ex-préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi, un Indépendant. la raison : leurs parrainages ont été insuffisants.
Le cadre général de la phase de dépôt des candidatures
Pour rappel, les dossiers de candidatures ont été déposés entre le 1er juillet le 26 août 2025 auprès de la Commission électorale indépendante (CEI) et ce, dans une atmosphère où l’opposition a considéré que la candidature du président sortant, Alassane Ouattara, pour un 4e mandat est “anticonstitutionnel”.
C'est au milieu de telles considérations que le Conseil constitutionnel a reçu les dossiers de candidature qui lui ont été transmis par la Commission électorale indépendante (CEI). La liste provisoire des candidature a comporté 60 noms. Seuls cinq ont été retenus définitivement. (TransContinentsAfrica)
