Succès Masra : après sa grâce, l’appel à “construire un Tchad nouveau”

DEMAIN. Libéré après 455 jours de détention à la faveur de la grâce présidentielle de Mahamat Idriss Déby Itno, l’ex-Premier ministre a effectué sa première prise de parole publique.

Succès Masra : après sa grâce, l’appel à “construire un Tchad nouveau”

C’est dans la nuit de vendredi à samedi que Succès Masra est intervenu pour la première fois après sa libération. Il a appelé ses partisans à rendre grâce à Dieu et à poursuivre son combat pour “un Tchad nouveau”. Sorti de prison vendredi vers minuit, le leader des Transformateurs a été accueilli au siège de son parti, dans le 7e arrondissement de N’Djaména, par une centaine de militants et plusieurs responsables de sa formation politique.

Son analyse de sa libération

Depuis le “Balcon de l’espoir”, Succès Masra a qualifié sa libération de “jour de grâce infinie”, tout en remerciant le chef de l’État tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno pour sa décision. “Si aujourd’hui je suis libre pour vous servir, c’est une grâce. Nous devons rendre grâce à Dieu”, a-t-il déclaré, cité par APAnews.

L’ancien Premier ministre, qui continue de se dire innocent dans l’affaire de Mandakao, a estimé que le président Déby Itno aurait pu maintenir sa détention, mais qu’il a finalement choisi “en toute souveraineté” de le libérer.

"Bien que sachant que je suis innocent, il pouvait fermer son cœur et me laisser passer des années en prison. Mais il a décidé en toute souveraineté de me sortir de là parce qu’il sait que ma place est ici parmi vous”, a-t-il affirmé.

Les convictions de Masra intactes

Fidèle à ses positions politiques, Succès Masra a assuré que son passage en prison n’avait pas modifié ses convictions. Il a appelé à poursuivre la construction d’un Tchad fondé sur “l’égalité et la dignité”.

Cette première prise de parole intervient alors que son avocat, Me Saïd Larifou, a salué la grâce présidentielle comme un possible “acte d’apaisement politique”, tout en appelant à une “nouvelle page” du dialogue politique tchadien, fondée sur la réconciliation nationale et le respect du pluralisme.

Retour sur le chemin vers la prison

Condamné en août 2025 à 20 ans de prison et à un milliard de francs CFA d’amende dans le dossier des violences de Mandakao, Succès Masra avait vu sa condamnation confirmée par la Cour suprême en mai 2026. Il a passé 455 jours en détention avant de bénéficier de la grâce présidentielle. “Quand le chemin est dur, seuls les durs tracent le chemin”, a conclu l’ancien Premier ministre, reprenant l’une de ses formules favorites. (TransContinentsAfrica)

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