Juges sénégalais de la CPI : ces sanctions américaines qui se répètent

ACHARNEMENT. Le 18 août 2026, Washington a sanctionné le substitut du procureur sénégalais Abdoulaye Seye, membre du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI).

Juges sénégalais de la CPI : ces sanctions américaines qui se répètent

Dans le sillage de la sanction à l’encontre de la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la juge japonaise Tomoko Akane, les Etats-Unis ont encore frappé un magistrat sénégalais. Abdoulaye Sèye, puisqu'il s'agit de lui, est d'ailleurs présenté par le Sénégal à l'élection au poste de juge de la juridiction internationale. Et ce n’est pas la première fois. Dans un un précédent round de sanctions, en 2025, ils avaient déjà  visé un autre Sénégalais, le substitut du procureur Mame Mandiaye Niang, aux côtés de juges français, canadien et fidjien. 

Les motifs invoqués par Washington

En la matière, c’est le secrétaire d'État Marco Rubio qui est en première ligne. Le principal reproche qui leur est fait, c’est d’avoir participé aux efforts de la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des responsables, notamment américains et israéliens. En cela, il exprime de manière tranchée que le gouvernement des Etats-Unis n’accepte pas la compétence de la Cour. Pour lui, des juges non élus par le suffrage universel et défendant un droit international qu’il ne porte aucunement en haute estime ne saurait prendre des décisions de droit s’imposant à des Américains. 

De la nature des mesures prises à l’encontre des juges 

Concrètement, les sanctions interdisent aux juges d'entrer dans le pays. S’y ajoutent le blocage de toute transaction immobilière ou financière avec eux aux États-Unis mais aussi le gel de leurs avoirs éventuels ainsi que les restrictions sur les transactions avec des ressortissants ou entités américaines. 

Le Sénégal a réagi

Face à cette situation, Dakar a exprimé une “profonde préoccupation” par la voix de son ministère des Affaires étrangères, rappelant qu'il a été le premier État à ratifier le Statut de Rome et se veut un “fervent défenseur de la Cour”. 

Par ailleurs, le gouvernement sénégalais a affirmé sa “pleine solidarité” à Abdoulaye Seye et annoncé la poursuite de ses concertations avec ses partenaires africains et internationaux pour préserver l'intégrité et l'indépendance de la CPI. Ce ne sera pas une mince affaire car ces sanctions doivent être appréhendées s’inscrivent dans un contexte international où le droit internationale est fortement remis en cause. 

Un contexte international de défiance

En effet, il faut se rappeler qu’à ce jour, ces sanctions ont touché neuf juges de la CPI selon le décompte de la Cour elle-même. Dans le cadre de la campagne de démantèlement ouvertement affichée par l'administration Trump, le soutien de l'ONU, de l'Union européenne et du Japon, entre autres, n’est pas de trop dans le sillage de la demande par  Haut-Commissariat de l'ONU que les mesures prises par les Etats-Unis soient levées y compris à l’égard de la présidente de l’institution : la juge japonaise Akane. (TransContinentsAfrica)

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