L'épidémie d’Ebola actuelle en RDC est la deuxième plus importante au monde et a été décrite comme la plus rapide jamais enregistrée. Les experts estiment que les infections ont commencé à circuler des mois avant que l'épidémie ne soit déclarée le 15 mai et que le nombre réel de cas pourrait être bien supérieur au chiffre officiel.
Un décalage signalé dans la détection
Un rapport publié dans la revue Science le mois dernier a conclu que l'épidémie au Congo avait commencé en janvier, voire plus tôt, en Ituri. Les chercheurs ont identifié plus de 500 cas suspects entre la mi-janvier et le 15 mai.
Une détection tardive, une surveillance débordée, un conflit militaire et un manque de vaccins et de traitements pour l'espèce du virus en cause ont permis à la maladie de dépasser les efforts d'endiguement cette fois-ci.
Des infections à un niveau élevé
L'institut de santé publique du pays d'Afrique centrale a déclaré dans son dernier rapport que le nombre total d'infections avait atteint 4 053, dont 1 850 décès. Des cas ont été enregistrés dans cinq provinces du pays : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Cette flambée, liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola, a déjà dépassé en ampleur l’épidémie enregistrée en RDC entre 2018 et 2020.
Jusqu'à présent, seule l'épidémie de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest a été plus importante, avec plus de 28 000 cas enregistrés en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone.
Les craintes de l’Organisation Mondiale de la Santé
À ce jour, l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) connaît une accélération préoccupante, avec une hausse rapide des contaminations et des décès, au point de dépasser les capacités actuelles de riposte, a alerté l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé jeudi à Kinshasa à un renforcement « urgent et massif » des opérations de riposte.
"L’épidémie se propage plus vite que le renforcement de notre riposte. Dans certains foyers, le nombre de nouveaux cas a doublé au cours de la seule semaine écoulée", a indiqué M. Tedros sur le réseau social X, à l’issue de consultations avec les acteurs sanitaires et humanitaires.
L'épidémie touche désormais 51 zones de santé réparties dans cinq provinces, avec l’Ituri comme principal épicentre. La propagation du virus est notamment favorisée par l’insécurité et les déplacements massifs de populations, qui compliquent l’accès des équipes de riposte aux communautés affectées.
Les préconisations de l’Organisation Mondiale de la Santé
Face à cette situation, l’OMS préconise une coordination accrue sous la conduite du gouvernement congolais, une meilleure protection des personnels de première ligne, ainsi qu’un renforcement de la surveillance et de la prise en charge des malades.
La riposte est également compliquée par l’absence, à ce jour, de vaccin homologué et de traitement ciblé contre la souche Bundibugyo, contrairement à la souche Zaïre.
La crise sanitaire intervient par ailleurs dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile dans l’est du pays, marqué notamment par le contrôle de plusieurs territoires par le groupe rebelle M23, qui contribue à aggraver les déplacements de populations et les besoins humanitaires. (TransContinentsAfrica)
