Cette fois, la nouvelle n'est pas une rumeur. En décembre 2020, de fausses annonces de sa mort avaient circulé sur les réseaux sociaux, aussitôt démenties par son épouse. Le mardi 6 octobre 2026, au petit matin, Jean Manga Onguéné s'est éteint à Paris, des suites de maladie. Il avait 80 ans.
Le Canon sportif de Yaoundé, son club de toujours, a confirmé le décès le jour même par communiqué. Il y salue l'un des plus grands buteurs de l'histoire du football africain. En juin dernier, Yaoundé avait célébré ses 80 ans. Un hommage rendu de son vivant, ce qui n'est pas si fréquent pour les gloires du football africain.
Seize ans, un seul maillot
Né le 12 juin 1946 à Ngoulemakong, dans le sud du Cameroun, Jean Manga Onguéné rejoint le Canon en 1966. Il ne le quittera plus jusqu'à la fin de sa carrière, en 1982. Seize saisons sous le rouge et vert du "Kpa-Kum", le club de Mvog-Mbi. Une fidélité devenue presque impensable à l'ère des transferts express et des agents omniprésents.
Le palmarès dit la domination d'une époque : six championnats du Cameroun, six Coupes du Cameroun, trois Coupes d'Afrique des clubs champions (1971, 1978, 1980) et une Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe. Avant-centre au jeu aérien redouté, il hérite d'un surnom qui dit tout : "la Tête d'or".
1980, l'année de la consécration
1980 marque le sommet. Capitaine du Canon, il inscrit les trois buts de la finale retour de la Coupe d'Afrique des clubs champions, remportée 3-0 face à l'AS Bilima, à Kinshasa. La saison lui vaut le Ballon d'or africain, alors décerné par France Football. Il succède à son coéquipier du Canon, le gardien Thomas N'Kono, lauréat en 1979. Deux années de suite, le trophée revient donc à Yaoundé.
Le Cameroun s'installe alors au sommet du palmarès continental, aux côtés d'un trophée qui a déjà couronné le Malien Salif Keïta, premier lauréat en 1970, le Marocain Ahmed Faras ou le Tunisien Tarak Dhiab. En 1981, il ira à l'Algérien Lakhdar Belloumi.
Le rendez-vous manqué de 1982
International pendant plus d'une décennie, il dispute les Coupes d'Afrique des nations 1970 et 1972. Cette dernière, organisée au Cameroun, s'achève sur une troisième place.
Reste un regret. En 1982, le Cameroun se qualifie pour sa première Coupe du monde, en Espagne. Manga Onguéné devait en porter le brassard. Une blessure au genou l'en prive. Les Lions indomptables quittent le tournoi invaincus, après trois matchs nuls. Leur capitaine désigné les regarde de loin.
Du terrain au banc
La reconversion prolonge l'engagement. Il fait partie de l'encadrement camerounais lors de l'épopée de 1990 en Italie, qui mène les Lions jusqu'en quarts de finale du Mondial.
En 1995, il conduit les moins de 20 ans au titre africain. Trois ans plus tard, il dirige la sélection A lors de la CAN 1998 au Burkina Faso. Directeur technique national, puis instructeur pour la FIFA et la CAF, il consacre la seconde partie de sa vie à la formation des cadres du football continental.
Membre d'une génération fondatrice
Cette fois, la nouvelle n'est pas une rumeur. En décembre 2020, de fausses annonces de sa mort avaient circulé sur les réseaux sociaux, aussitôt démenties par son épouse. Le mardi 6 octobre 2026, au petit matin, Jean Manga Onguéné s'est éteint à Paris, des suites de maladie. Il avait 80 ans.
Le Canon sportif de Yaoundé, son club de toujours, a confirmé le décès le jour même par communiqué. Il y salue l'un des plus grands buteurs de l'histoire du football africain.
En juin dernier, Yaoundé avait célébré ses 80 ans. Un hommage rendu de son vivant, ce qui n'est pas si fréquent pour les gloires du football africain.
Seize ans, un seul maillot
Né le 12 juin 1946 à Ngoulemakong, dans le sud du Cameroun, Jean Manga Onguéné rejoint le Canon en 1966. Il ne le quittera plus jusqu'à la fin de sa carrière, en 1982. Seize saisons sous le rouge et vert du "Kpa-Kum", le club de Mvog-Mbi. Une fidélité devenue presque impensable à l'ère des transferts express et des agents omniprésents.
Le palmarès dit la domination d'une époque : six championnats du Cameroun, six Coupes du Cameroun, trois Coupes d'Afrique des clubs champions (1971, 1978, 1980) et une Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe. Avant-centre au jeu aérien redouté, il hérite d'un surnom qui dit tout : « la Tête d'or ».
1980, l'année de la consécration
1980 marque le sommet. Capitaine du Canon, il inscrit les trois buts de la finale retour de la Coupe d'Afrique des clubs champions, remportée 3-0 face à l'AS Bilima, à Kinshasa. La saison lui vaut le Ballon d'or africain, alors décerné par France Football. Il succède à son coéquipier du Canon, le gardien Thomas N'Kono, lauréat en 1979. Deux années de suite, le trophée revient donc à Yaoundé.
Le Cameroun s'installe alors au sommet du palmarès continental, aux côtés d'un trophée qui a déjà couronné le Malien Salif Keïta, premier lauréat en 1970, le Marocain Ahmed Faras ou le Tunisien Tarak Dhiab. En 1981, il ira à l'Algérien Lakhdar Belloumi.
Le rendez-vous manqué de 1982
International pendant plus d'une décennie, il dispute les Coupes d'Afrique des nations 1970 et 1972. Cette dernière, organisée au Cameroun, s'achève sur une troisième place.
Reste un regret. En 1982, le Cameroun se qualifie pour sa première Coupe du monde, en Espagne. Manga Onguéné devait en porter le brassard. Une blessure au genou l'en prive. Les Lions indomptables quittent le tournoi invaincus, après trois matchs nuls. Leur capitaine désigné les regarde de loin.
Du terrain au banc
La reconversion prolonge l'engagement. Il fait partie de l'encadrement camerounais lors de l'épopée de 1990 en Italie, qui mène les Lions jusqu'en quarts de finale du Mondial.
En 1995, il conduit les moins de 20 ans au titre africain. Trois ans plus tard, il dirige la sélection A lors de la CAN 1998 au Burkina Faso. Directeur technique national, puis instructeur pour la FIFA et la CAF, il consacre la seconde partie de sa vie à la formation des cadres du football continental.
Une génération qui a préparé l'envol des Lions indomptables
Avec Jean Manga Onguéné disparaît l'une des dernières figures d'un temps où les clubs africains forgeaient eux-mêmes leurs légendes. Le Canon, le Tonnerre, le Hafia de Conakry ou l'Asante Kotoko faisaient alors des championnats locaux de véritables viviers, et des compétitions continentales des rendez-vous populaires.

Depuis plus de trois décennies, le Ballon d'or africain récompense presque exclusivement des joueurs évoluant en Europe. La trajectoire de la "Tête d'or" rappelle qu'une autre voie a existé : celle d'un football africain capable de produire, de garder et de consacrer ses propres talents. Une question que les fédérations du continent, de Yaoundé à Casablanca, n'ont pas fini de se poser.
Un talent et un champion d'une autre époque
Avec Jean Manga Onguéné disparaît l'une des dernières figures d'un temps où les clubs africains forgeaient eux-mêmes leurs légendes. Le Canon, le Tonnerre, le Hafia de Conakry ou l'Asante Kotoko faisaient alors des championnats locaux de véritables viviers, et des compétitions continentales des rendez-vous populaires.
Depuis plus de trois décennies, le Ballon d'or africain récompense presque exclusivement des joueurs évoluant en Europe. La trajectoire de la « Tête d'or » rappelle qu'une autre voie a existé : celle d'un football africain capable de produire, de garder et de consacrer ses propres talents. Une question que les fédérations du continent, de Yaoundé à Casablanca, n'ont pas fini de se poser. (TransContinentsAfrica)
