CAN 2025 : le TAS face au dilemme entre la règle et le terrain

PATIENCE. Installé à Lausanne, le Tribunal arbitral du sport tranchera fin novembre le sort de la finale Maroc-Sénégal. Au-delà du titre, ses trois arbitres devront dire jusqu'où un règlement peut défaire ce que le terrain a décidé.

CAN 2025 : le TAS face au dilemme entre la règle et le terrain

Le verdict attendra. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a annoncé ce lundi 19 octobre que sa sentence sur la finale de la CAN 2025 ne serait rendue qu'à la fin novembre, les arbitres ayant opté pour une décision complète et motivée en droit.

Un titre gagné sur le terrain et réattribué sur tapis vert

Revenons-en aux faits. Le 18 janvier, à Rabat, le Sénégal s'impose 1-0 face au Maroc, après prolongation, sur un but de Pape Guèye. Cette victoire sur le terrain est intervenue dans le temps additionnel. Auparavant, dans le temps réglementaire, un penalty accordé au Maroc avait poussé les Lions de la Teranga à quitter la pelouse, avant que Sadio Mané ne les ramène.

Le 28 janvier, le Jury disciplinaire de la CAF sanctionne lourdement, dont le sélectionneur Pape Thiaw, mais rejette la demande marocaine de forfait. Le 17 mars, le Jury d'appel renverse tout : article 82 enfreint, article 84 appliqué, victoire 3-0 sur tapis vert pour le Maroc.

Le cœur du litige : le duel entre la règle et le terrain

La Fédération royale marocaine assure ne contester aucune performance sportive, mais exiger le respect des règles. Argument de poids : sans sécurité juridique, pas de compétition crédible.

Côté sénégalais, la lecture est inverse. Des juristes soutiennent que l'article 84 suppose aussi une violation de l'article 83, qui vise une équipe absente au coup d'envoi. Or le Sénégal est revenu et a terminé le match. L'interruption avait, de plus, déjà été sanctionnée en première instance.

L'instance présidée par le Français Gérald Simon, avec Ulrich Haas et Luigi Fumagalli à ses côtés, devra trancher entre la lettre du texte et la proportionnalité de la sanction.

Une sentence importante qui fera date

Saisi le 25 mars par la Fédération sénégalaise, le TAS a entendu les parties le 8 octobre, à huis clos. Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football, a indiqué qu'il accepterait le verdict, quel qu'il soit. Côté sénégalais, le silence est de mise mais on devine aisément la déception que ce serait de voir le résultat obtenu sur le terrain invalidé.

Au-delà de Dakar et de Rabat, c'est la gouvernance du football africain qui est en jeu. Quand deux instances de la CAF se contredisent à sept semaines d'intervalle, le soupçon s'installe. Lausanne dira si le droit sportif africain protège d'abord la règle ou d'abord le jeu. Et cette réponse pèsera bien au-delà de cette seule finale continentale. (TransContinentsAfrica)

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