Tabagisme : l’appel de l’OMS aux pays africains

ATTENTION. La Journée mondiale sans tabac a été l’occasion d’attirer l’attention des pays africains sur la nécessité de s’organiser ensemble pour résister à l’offensive de l’industrie du tabac et de de la nicotine.

Tabagisme : l’appel de l’OMS aux pays africains

En direction des États membres, des parlementaires, des autorités de réglementation, de la société civile, des éducateurs, des parents et des jeunes de toute la Région africaine, l’OMS a adressé un message d’alerte contre “les manœuvres trompeuses de l’industrie du tabac et de la nicotine”. "Ensemble, nous devons préserver la santé de la prochaine génération, consolider les progrès durement acquis dans la lutte antitabac et garantir un avenir où les enfants et les jeunes Africains pourront grandir, apprendre et s’épanouir sans dépendance. Il est urgent d’agir”, a déclaré le Dr Mohammed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique. 

Profitant de la Journée mondiale sans tabac,  il a insisté sur la nécessité de protéger les politiques de santé publique contre toute ingérence de l’industrie du tabac. Selon lui, l’industrie du tabac et de la nicotine poursuit ses activités de lobbying, intente des actions en justice, finance des organisations écrans et mène des campagnes de responsabilité sociale des entreprises (RSE) trompeuses.

"Elle diffuse de la désinformation et se présente souvent comme un partenaire de la santé publique ou comme un champion de la réduction des risques. Ces tactiques visent à retarder, affaiblir ou faire dérailler toute réglementation efficace”, a-t-il poursuivi. Soyons clairs : l’industrie qui a créé cette dépendance et en a tiré profit pendant des décennies ne saurait influencer les décisions de santé publique. Les politiques doivent reposer sur des données scientifiques indépendantes, transparentes et factuelles, en pleine conformité avec l’article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, qui exige des gouvernements qu’ils protègent les politiques de santé contre toute ingérence de l’industrie du tabac », a-t-il ajouté.

Prendre des mesures de protection

Selon lui, protéger les enfants et les jeunes Africains de la dépendance à la nicotine, créée de toutes pièces, n’est pas une option, c’est un impératif moral, social et de santé publique.

Le directeur a toutefois souligné que prévenir la dépendance est bien plus facile, plus efficace et plus équitable que de la traiter une fois qu’elle s’est installée, et qu’il s’agit d’un élément essentiel pour préserver les acquis de la région en matière de développement.

En outre, M. Janabi a exhorté les États membres de la Région africaine à renforcer et à appliquer les réglementations visant à réduire le caractère addictif, l’attrait et l’accessibilité des produits du tabac et de la nicotine, en particulier pour les enfants et les jeunes. Selon lui, cela implique notamment d’interdire les arômes et les additifs tels que le menthol, les édulcorants, les acides et les agents rafraîchissants synthétiques, qui renforcent l’attrait des produits et facilitent leur inhalation.

Il a également appelé à combler les lacunes réglementaires qui permettent à l’industrie du tabac et de la nicotine de contourner les lois existantes en introduisant des produits similaires à la nicotine et d’autres nouvelles substances, ainsi qu’à renforcer la réglementation relative à la conception, à l’emballage et à la commercialisation des produits afin d’empêcher que les jeunes ne soient ciblés et trompés.

"Dans le cadre d’une stratégie globale, les pays devraient également envisager de réduire la teneur en nicotine à des niveaux non addictifs, conformément aux recommandations scientifiques de l’OMS, afin de réduire le caractère addictif des produits et de protéger les jeunes”, a-t-il précisé.

Prendre des mesures décisives et fermes

Le directeur a exhorté les gouvernements à réagir par des mesures décisives et fondées sur des données probantes. Il a souligné qu’au cours des deux dernières décennies, la Région africaine avait accompli des progrès remarquables en matière de lutte antitabac.

"De nombreux pays ont ratifié et mis en œuvre les dispositions clés de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, adopté une législation complète en la matière, renforcé les environnements sans fumée, introduit de grands avertissements sanitaires illustrés, augmenté les taxes sur le tabac et élargi l’accès au soutien au sevrage tabagique.

La prévalence du tabagisme dans la Région demeure parmi les plus faibles au monde, et plusieurs pays sont en voie d’atteindre les objectifs mondiaux de réduction du tabagisme. Ces réussites démontrent clairement que des politiques efficaces et un leadership gouvernemental déterminé peuvent protéger la santé publique, sauver des vies et réduire les inégalités en matière de santé. Toutefois, ces acquis durement obtenus sont de plus en plus menacés par de nouveaux produits du tabac et de la nicotine, agressifs et sophistiqués”, a-t-il conclu.

La Journée mondiale sans tabac, célébrée chaque année le 31 mai, rassemble des gouvernements, des organisations de santé, la société civile et des jeunes du monde entier afin de sensibiliser le public aux dangers du tabagisme et aux tactiques employées par l’industrie du tabac et de la nicotine pour créer une dépendance. (TransContinentsAfrica)

PUBLICITÉ
Espace Publicitaire
336×280