Sénégal : élu au perchoir, Sonko a exprimé sa vision de l’Assemblée

REBOND. Alors qu’une sourde controverse juridique a commencé à propos de sa réintégration comme député, l’ex-premier ministre a expliqué ce que l’Assemblée ne sera pas et ne fera pas.

Sénégal : élu au perchoir, Sonko a exprimé sa vision de l’Assemblée

Ainsi, au-delà de retrouver son siège de député, Ousmane Sonko a été élu mardi président de l’Assemblée nationale du Sénégal à l’issue d’un scrutin largement favorable, dans un contexte de recomposition des principales institutions de l’État.

Comment le vote s’est passé ?

L’élection de Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale a été proclamée mardi au terme d’un vote tenu en séance plénière à Dakar.

Le scrutin, supervisé par le Premier vice-président de l’institution, Ismaïla Diallo, a enregistré 133 enveloppes pour 133 votants. Les résultats officiels font état de 132 voix pour, zéro voix contre, une abstention et aucun bulletin nul.

À l’issue de ce vote, Ousmane Sonko a été déclaré élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal, consacrant son accession à la tête de l’institution parlementaire.

Le contexte de ce vote

Cette élection intervient dans la continuité immédiate de sa réintégration comme député, intervenue plus tôt lors de la même séance plénière. À son entrée dans l’hémicycle, il avait procédé aux formalités de reprise de mandat et reçu son écharpe de député, avant de rejoindre les rangs de son groupe parlementaire, le Pastef.

Le scrutin s’inscrit dans un contexte de recomposition institutionnelle marqué par la démission du président sortant de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, et la convocation d’une plénière consacrée à l’élection d’un nouveau bureau.

Selon les résultats proclamés en séance, le vote s’est déroulé sans incident et dans le respect des procédures internes de l’institution parlementaire. Conformément à l’article 12 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le président élu entre en fonction immédiatement après son élection.

Cette nouvelle configuration institutionnelle intervient parallèlement à la nomination du nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo, chargé de conduire l’action gouvernementale dans le cadre de la continuité des politiques publiques et de la mise en œuvre des réformes engagées au niveau de l’exécutif.

Les valeurs d’accompagnement de l’Assemblée selon Sonko

Dans son discours d’investiture, le nouveau président de l’Assemblée nationale a insisté sur la dimension morale et institutionnelle de sa fonction, estimant que l’institution parlementaire doit constituer “le cœur battant de l’exigence éthique”.

S’appuyant sur des références historiques et spirituelles, il a appelé à une conduite politique fondée sur la maîtrise de soi, la dignité et la responsabilité, rappelant que les fonctions publiques peuvent être perdues sans que la légitimité populaire ne disparaisse, et que “le peuple demeure la source du pouvoir”.

Il a également affirmé que les institutions ne peuvent être neutres face à la question morale et que l’Assemblée nationale doit incarner une exigence de transparence et de redevabilité dans l’action publique.

Ce que l’Assemblée ne sera pas et ne fera pas

Sur le plan institutionnel, Ousmane Sonko a clairement indiqué que le Parlement ne serait pas utilisé comme instrument de blocage ou de paralysie de l’action publique.

Il a toutefois rappelé que l’Assemblée nationale exercera pleinement ses prérogatives constitutionnelles, notamment le vote des lois, le contrôle de l’action du gouvernement et l’évaluation des politiques publiques, à travers l’utilisation “de tous les leviers de contre-pouvoir” de manière responsable et ferme.

Le nouveau président de l’Assemblée a insisté sur la nécessité de distinguer le contrôle institutionnel de toute logique de confrontation stérile, affirmant qu’il ne s’agira pas “d’organiser le chaos institutionnel” ni de détourner l’institution à des fins personnelles.

Dépasser les clivages dans une dynamique de continuité politique

Dans son adresse aux députés, il a tendu la main à l’ensemble des groupes parlementaires, majorité comme opposition, appelant à dépasser les clivages partisans au profit de la préservation des institutions républicaines.

Il a également replacé son intervention dans une perspective de continuité politique, estimant que ses positions sur le rôle de l’Assemblée nationale s’inscrivent dans une cohérence exprimée lors de précédentes campagnes électorales. (TransContinentsAfrica)

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