Le forum régional sur le leadership des femmes pour la paix dans les zones frontalières du Sahel et des pays côtiers s’est ouvert mercredi à l’Hôtel Salam de Bamako, sous l’égide du gouvernement malien, de l’Union africaine (UA) et d’ONU Femmes.
Un contexte régional tendu
Cette manifestation a été rendue nécessaire par un contexte humanitaire régional marqué par d’importants déplacements de populations.
En avril 2026, près de 20 millions de personnes étaient déplacées de force, apatrides ou exposées au risque d’apatridie en Afrique de l’Ouest et du Centre, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Les femmes et les enfants représentaient 80 % des réfugiés et demandeurs d’asile recensés dans la région.Protection des médiatrices et gestion des financements
Des représentantes de sept pays présentes
La rencontre a réuni des participantes venues du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Bénin, du Tchad, de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire, ainsi que des autorités nationales, des représentants d’institutions régionales, des acteurs de la défense et de la sécurité, des leaders communautaires et religieux et des organisations de jeunesse.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre malienne de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Djénéba Sanogo, en présence notamment de l’Envoyée spéciale du président de la Commission de l’UA pour les femmes, la paix et la sécurité, l’ambassadrice Liberata Mulamula.
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, la coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations Unies au Mali, Hanaa Singer-Hamdy, et l’ambassadeur des Pays-Bas au Mali, Erik de Feijter, ont également pris part à la cérémonie. Au menu, médiation et prévention transfrontalières.
Rapprocher les initiatives communautaires des mécanismes institutionnels de paix
Les échanges ont porté notamment sur la médiation communautaire, l’alerte précoce, la protection des femmes engagées dans la prévention des conflits et la coordination des initiatives transfrontalières.
Le constat : dans plusieurs zones affectées par les crises, les femmes jouent déjà un rôle de premier plan dans la détection des tensions, le dialogue inter-communautaire, l’orientation des populations vers les services disponibles et l’accompagnement des personnes déplacées.
Le forum a entendu ainsi mieux connecter cette expertise locale aux mécanismes institutionnels de médiation et de consolidation de la paix.
Protéger les médiatrices et mieux gérer leur financement
Les participants ont choisi d’accorder une attention particulière à la protection des médiatrices et à leur accès aux financements. Parmi les priorités figurent également une meilleure représentation des femmes dans les processus de paix et la mise en place de mécanismes de suivi assortis de responsables, de ressources et d’échéances.
Près de 26 ans après l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, les femmes restent sous-représentées dans les négociations formelles. Elles ne représentaient que 9,6 % des négociateurs et 13,7 % des médiateurs recensés dans les processus de paix en 2023. Pour la ministre Djénéba Sanogo, leur participation est à la fois une question d’équité et une condition de l’efficacité et de la durabilité des accords de paix.
Les attentes par rapport aux recommandations
Les travaux prévus de prendre fin vendredi 28 août devraient déboucher sur des recommandations qui devront notamment contribuer à renforcer les mécanismes transfrontaliers de médiation, la protection des actrices locales et l’accès des organisations féminines à des financements adaptés. (TransContinentsAfrica)
