A l’approche de l’Aïd el Kebir appelé Tabaski en Afrique de l’Ouest, le partenariat engagé depuis 2012 entre le Sénégal et le Mali autour de l’approvisionnement en moutons fait l’objet de concertations entre les autorités des deux pays.
Un sujet de grande importance pour le Sénégal
En l’occurrence, le Sénégal a une nouvelle fois sollicité l’appui du Mali afin de sécuriser l’approvisionnement en moutons pour la Tabaski. Les autorités maliennes ont salué cette démarche, réaffirmant leur volonté d’accompagner un pays “ami et frère” tout en précisant que cet engagement dépendra des capacités disponibles.
Pour le Sénégal, l’enjeu est de taille : les besoins pour la Tabaski 2026 sont estimés à environ 860 000 moutons, dont 260 000 pour la région de Dakar. Le pays importe habituellement entre 250 000 et 300 000 têtes, en provenance notamment du Mali, de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger.

À l’approche de la fête, plusieurs facteurs seront déterminants pour assurer l’acheminement des moutons : la disponibilité sur les marchés, les prix, les contrôles sanitaires, les formalités aux frontières et la sécurité sur les axes de transport. L’objectif, pour Bamako comme pour Dakar, reste de garantir aux fidèles musulmans des conditions optimales pour célébrer la Tabaski.
Le Mali, un fournisseur vital
Le Mali demeure un acteur clé de cet approvisionnement. En 2025, sur les 282 915 moutons importés par le Sénégal, plus de 84 000 provenaient du Mali. L’année précédente, cette contribution dépassait les 100 000 têtes, confirmant le rôle stratégique du pays dans le marché régional.
Cette position s’explique par l’importance du cheptel malien, estimé à plusieurs dizaines de millions de têtes, toutes espèces confondues. L’élevage constitue ainsi un pilier de l’économie nationale, figurant parmi les principales sources d’exportation aux côtés de l’or et du coton.
Cela dit, il convient de retenir que cette coopération intervient dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, susceptibles de compliquer la circulation des personnes, des marchandises et du bétail. Malgré cela, les deux pays entendent maintenir leurs échanges. D’où la nécessité de la meilleure coordination possible. (TransContinentsAfrica)
