Mondial 2026 : le Cabo Verde, l'honneur de l'Afrique

TOP. La conviction de Hermínio da Costa Moniz, ambassadeur du Cabo Verde au Sénégal, était que son pays pourrait créer la surprise. Le parcours des Requins bleus lui a donné raison.

Mondial 2026 : le Cabo Verde, l'honneur de l'Afrique

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Cabo Verde est la grande surprise agréable de ce Mondial. La preuve : il s'est qualifié pour les 16e de finale sans avoir concédé la moindre défaite face à des références comme l’Espagne et l’Uruguay mais aussi l’Arabie saoudite. Mieux, en 16e de finale, il a fait douter l'Argentine, championne du monde en titre en poussant l'Albiceleste jusque dans ses derniers retranchements avec une prolongation rudement menée.

Même si les Requins bleus ont fini par perdre et être été éliminés sur le score de 2 buts contre 3, ils sont apparus comme l'honneur du football africain. Leur talent, conjugué à leur engagement et leur sérieux, a montré un visage séduisant d'une Afrique qui se bat avec fierté face à l'adversité. Là où d'autres pays africains se sont fait éliminer après des matchs où tous les espoirs étaient pourtant permis, entraînant la déception de nombreux supporteurs africains, le Cabo Verde a régalé démontrant de hautes valeurs sportives et humaines.

De quoi confirmer le sentiment de l’ambassadeur du Cabo Verde à Dakar. Dans un entretien accordé à APAnews quelques heures avant l’entrée en lice historique de l’archipel capverdien dans ce Mondial 2026, Hermínio da Costa Moniz avait confié à la fois sa confiance dans cette équipe nationale. Il avait indiqué que celle-ci pourrait “créer la surprise”. 

Un parcours semé d’exploits

Et les faits ne lui ont pas donné tort. Pour sa première participation à une phase finale de Coupe du monde, le Cabo Verde est entré en lice le lundi 15 juin face à l’Espagne, championne du monde 2010. Les hommes de Bubista ont plus que tiré leur épingle du jeu puisqu’ils ont tenu en échec la Roja en s’en sortant avec un match nul (0-0).

Pour son 2e match, face à l’Uruguay, les Cap-Verdiens ont arraché un deuxième nul en inscrivant deux buts aux redoutables joueurs de la Celeste dont les devanciers ont déjà accroché, en 1930 à domicile et en 1950 au Brésil, deux fois le titre de champion du monde.

Pour leur troisième match, les Requins bleus ont tenu la dragée haute à l’Arabie saoudite (0-0) et ainsi sortir invaincus de la phase de groupes. 

Résultat des courses, ils se sont qualifiés pour les 16e de finale où ils ont affronté, ce samedi 4 juillet à 00h00 à Miami, l’Argentine, championne du monde en titre avec comme capitaine Lionel Messi. La Pulga, comme on surnomme l'octuple Ballon d'or, et ses coéquipiers ont donc joué contre les Requins bleus dans un scénario qu'ils n'avaient pas prévu.

Dans l’antre de l’Inter Miami, club que le génial footballeur argentin a aidé à décrocher le titre de champion de la Major League Soccer (MLS) qui regroupent des franchises de football, les Argentins ont eu le plus grand mal à se défaire du Cabo Verde qui n'a cédé que pendant la prolongation sur un but contre son camp de Diney Borges à la 111e minute à la suite d'un corner.

Le gardien de but du Cabo Verde Vozinha a longtemps contenu les assauts des Argentins lors du 16e de finale du Mondial à Miami. Lionel Messi et ses coéquipiers ont été contraints de disputer la prolongation. 
Le gardien de but du Cabo Verde Vozinha a longtemps contenu les assauts des Argentins lors du 16e de finale du Mondial à Miami. Lionel Messi et ses coéquipiers ont été contraints de disputer la prolongation. 

Pour les Argentins, ce match est vite apparu comme un match-piège car le Cabo Verde ne s'en est pas laissé compter. Il est revenu à deux fois au score et a contraint l'Argentine à disputer une prolongation alors que celle-ci avait gagné tous es matchs précédents haut la main. 

De quoi donner raison à l’ambassadeur cap-verdien à Dakar qui a fermement cru aux chances de son pays et ce, avant même le début du Mondial.

Les raisons d’y croire 

“Nous irons avec l’humilité qui nous caractérise, mais nous allons faire de notre mieux pour représenter dignement le Cabo Verde et l’Afrique”, avait-il déclaré avant d’ajouter : “Nous respectons tous nos adversaires, mais nous savons aussi que nous sommes une équipe redoutable. Nous pouvons créer la surprise”.

Au regard du déjà peu ordinaire parcours des Requins bleus, la conviction de Hermínio da Costa Moniz, ambassadeur du Cabo Verde au Sénégal, semble totalement fondée.
Au regard du déjà peu ordinaire parcours des Requins bleus, la conviction de Hermínio da Costa Moniz, ambassadeur du Cabo Verde au Sénégal, semble totalement fondée.

Selon Hermínio da Costa Moniz, la force du Cabo Verde repose avant tout sur son organisation collective. “Notre sélection ne dépend pas d’un seul joueur. Ce sont le collectif, la discipline et l’organisation qui font notre force”, avait-il expliqué.

Et d’insister sur l’impact de cette qualification pour la jeunesse cap-verdienne et pour la diaspora, fortement représentée au sein de l’équipe nationale. “Certains joueurs sont nés à l’étranger et ont choisi de défendre les couleurs de leurs ancêtres. C’est une immense source de fierté pour notre nation”, avait-il souligné.

Interrogé sur les chances de l’Afrique dans ce Mondial organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, le diplomate s’était montré optimiste. “Le Maroc nous a déjà montré le chemin en atteignant les demi-finales. Pourquoi ne pas imaginer une sélection africaine en finale cette fois-ci ?”, avait-il indiqué. Pour le moment, le Maroc est toujours en course ainsi que l'Egypte. Autrement dit, l'Afrique a encore ses chances même si l'adversité ne manquera pas de monter en densité au fur et à mesure de l'avancée de la compétition. (TransContinentsAfrica)

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