Les ministres des affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger, aux côtés de la Cédéao et de l’Union africaine ont répondu à l’appel du Togo. Le ministre togolais des affaires étrangères Robert Dussey a ouvert les travaux en affirmant la volonté de son pays de “bâtir des ponts là où d’autres érigent des murs”, présentant la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel non comme un simple document d’orientation “mais une main tendue et un cadre de collaboration formel”.
Lomé, un pont trans-saharien
Au-delà de proposer que Lomé serve de “pont entre le Sahel et l’ensemble de la communauté internationale”, il a appelé les pays de l’AES à travailler “avec” l’ensemble des pays du Sahel.
"Les stratégies qui se veulent réelles, sincères et durables doivent se réfléchir, se construire et se mettre en œuvre en mettant au cœur les échanges des Sahéliens d’abord”, a indiqué le ministre burkinabè des affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, dont le pays assume la présidence de la Confédération des États du Sahel (AES), comme condition de fond.
Son homologue malien Abdoulaye Diop a souscrit à cette déclaration avant d’insister sur une distinction sémantique aux implications politiques majeures : “Travailler avec le Sahel, et non sur le Sahel ou dans le Sahel”. Et de saluer la démarche togolaise en rappelant par ailleurs que “la Confédération des États du Sahel veille à la souveraineté de ses États membres et à éviter toute ingérence intérieure” précisant que les initiatives internationales “ne doivent pas se substituer à l’action des États concernés”.
Quant au chef de la diplomatie nigérienne, Bakary Yaou Sangaré, il a souligné que le Togo “rappelle une vérité simple : la stabilité du Sahel est l’affaire de tout le continent africain, voire du monde entier”.
Un discours d’unité de la Cédéao et de l’UA pour un destin commun
Malgré les tensions institutionnelles nées du retrait des pays de l’AES de la Cédéao, le président de la Commission de l’organisation sous-régionale, Omar Alieu Touray, a tenu un discours d’unité. “Quels que soient les arrangements institutionnels qui nous séparent en ce moment, les liens de géographie, de culture, d’histoire, de parenté et de destin commun ne sauraient être déçus par aucune action. Nous sommes un seul peuple”, a-t-il indiqué.
Le représentant spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel et chef de la MISAHEL, Mamadou Tangara, a appelé à “une symphonie de solidarité dans la dignité”, reconnaissant explicitement qu’”aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, l’AES est devenue une réalité incontournable”. Il a plaidé pour “un nouveau cadre de coopération et de consultation”, affirmant que “la solution doit venir des pays du Sahel eux-mêmes”. (TransContinentsAfrica)
