JOJ 2026 : ce “Dakar en mouvement” que raconte le poster officiel

SYMBOLE. L'affiche représente un car rapide bleu et jaune, klaxon en alerte, qui fend la toile. Autour de lui, des athlètes en apesanteur, des pirogues, une skyline dorée, le Monument de la Renaissance africaine en surplomb.

JOJ 2026 : ce “Dakar en mouvement” que raconte le poster officiel

Baptisée “Dakar en mouvement”, l'affiche des JOJ 2026 de Dakar est signée Abdoulaye “Laye”  Samb, graphiste, illustrateur et artiste plasticien né à Dakar et aujourd'hui installé au Canada. Diplômé de l'École des Beaux-Arts de Dakar en 2017, il évolue depuis plus de vingt ans dans l'illustration, la publicité, l'édition et le design graphique.

Pourquoi ce choix de l’oeuvre de “Laye” Samb

Le Comité d'organisation des JOJ (COJOJ) présente son oeuvre comme le premier poster officiel de l'histoire des Jeux olympiques de la jeunesse. Sa candidature a été retenue, précise le COJOJ, parce qu'elle répondait à trois critères essentiels : le respect des orientations créatives fixées par le COJOJ, les standards du Comité International Olympique en matière de poster officiel, et l'incarnation des valeurs et de l'esprit des Jeux.

Installé au Canada, Abdoulaye "Laye" Samb a vu dans le format du timbre-poste "un très bon choix". "Un timbre, c'est un ambassadeur miniature qui voyage aux quatre coins du monde”, a-t-il dit.
Installé au Canada, Abdoulaye "Laye" Samb a vu dans le format du timbre-poste "un très bon choix". "Un timbre, c'est un ambassadeur miniature qui voyage aux quatre coins du monde”, a-t-il dit.

Le car rapide, ambassadeur et symbole 

Le choix le plus frappant reste celui du car rapide, placé au centre de la composition. Sur les routes de Dakar, ce minibus bleu et jaune est bien davantage qu'un moyen de transport : il est devenu le symbole du voyage sénégalais, le reflet d'une convivialité bien roulante et d'une inventivité logistique qui relient quotidiennement le centre de Dakar et les quartiers de la capitale. 

Son histoire elle-même reflète les strates de la modernité sénégalaise. En effet, selon des témoignages, les cars rapides seraient dans le décor des routes sénégalaises dès 1947, à une époque où se faisait l'importation de fourgons Renault progressivement transformés en véhicules de transport.

Le format même de l'œuvre porte un sens. Laye Samb explique avoir vu dans le cadre imposé, celui d'un timbre-poste, une évidence. “Le format du timbre-poste qui nous a été donné fut un très bon choix. Un timbre, c'est un ambassadeur miniature qui voyage aux quatre coins du monde”, dit-il. 

Une composition qui déborde le cadre du stade

Le parti pris du COJOJ est assumé. Il s’agit de ne pas enfermer l'identité des Jeux dans la seule imagerie sportive. Le car rapide, les pirogues et le Monument de la Renaissance africaine côtoient les infrastructures et les disciplines sportives, le premier renvoyant au quotidien urbain dakarois, les seconds au lien historique de la capitale avec l'océan sans oublier le monument qui conjugue les notions d'émancipation et de transmission. Et au fond, l'ensemble compose un Sénégal “entre tradition et modernité”.

Cette affiche des JOJ de Dakar 2026 n'est pas une affiche promotionnelle, c'est une oeuvre qui dit beaucoup de l'esprit avec lequel le Sénégal aborde ces premiers JOJ en terre africaine. 
Cette affiche des JOJ de Dakar 2026 n'est pas une affiche promotionnelle, c'est une oeuvre qui dit beaucoup de l'esprit avec lequel le Sénégal aborde ces premiers JOJ en terre africaine. 

Cela dit, on constate que même les athlètes échappent au cadre classique de la compétition. Ils sont en effet placés au-delà des enceintes sportives, au milieu de la ville et de son environnement, certains apparaissant en lévitation, un choix que les organisateurs associent au mouvement et à la jeunesse africaine. 

Le traitement graphique appuie cette intention : l'affiche reprend des codes des posters sportifs et touristiques du XXe siècle et utilise une texture granuleuse inspirée des anciennes techniques d'impression, s'éloignant ainsi de l'esthétique lisse d'une illustration numérique classique.

Une identité visuelle construite pièce par pièce

Ce qu’il faut ajouter, c’est que le poster ne surgit pas seul. Il s'inscrit dans un dispositif identitaire construit méthodiquement depuis plus d'un an. 

La mascotte officielle, un lion nommé Ayo, souriant, arborant la crinière de l'Afrique et coiffé du Tingandé, le chapeau traditionnel peul, un djembé à la main, a été dévoilée un an avant la cérémonie d'ouverture. Son design est l'œuvre de Ndeye Mariama Diop, lauréate d'un concours lancé en janvier 2025 par le ministère sénégalais de l'éducation nationale. 

Ayo, la mascotte des JOJ de Dakar 2026 arbore la crinière de l'Afrique et est coiffé du Tingandé, le chapeau traditionnel peul. Avec un djembé à la main, il dit combien l'art d'accueillir est autant une valeur qu'une fête au Sénégal.
Ayo, la mascotte des JOJ de Dakar 2026 arbore la crinière de l'Afrique et est coiffé du Tingandé, le chapeau traditionnel peul. Avec un djembé à la main, il dit combien l'art d'accueillir est autant une valeur qu'une fête au Sénégal.

Le design des médailles a lui aussi fait l'objet d'un concours international lancé par le CIO, leur revers devant intégrer des éléments de la culture sénégalaise et l'emblème de Dakar 2026.

La devise retenue résume toute l’ambition sénégalaise derrière ses JOJ :  “L'Afrique accueille, Dakar célèbre”, en wolof, “Afrig Dalal, Ndakaaru Jëmël” en wolof. Elle souligne le caractère unique de ces premiers JOJ d'été organisés sur le continent.

L’identité visuelle doit maintenant investir la rue 

Pour rappel, les JOJ de Dakar 2026 se tiendront du 31 octobre au 13 novembre 2026, répartis entre trois villes hôtes : Dakar, Saly et Diamniadio. Ils rassembleront 2 700 jeunes athlètes venus du monde entier pour ce qui reste, avant tout, un moment charnière : la première compétition olympique jamais organisée sur le continent africain.

L'identité visuelle, elle, doit désormais quitter les supports de communication pour investir la rue. Selon le calendrier communiqué par le COJOJ, la flamme devait être allumée à Athènes le 10 septembre, avant sa réception officielle à Dakar le 12 septembre et le lancement de sa tournée à travers le continent.

Reste une évidence que ce timbre-poster synthétise mieux qu'un long discours institutionnel : à Dakar, l'olympisme ne s'importe pas tel quel. Il se love dans le car rapide, dans le tumulte des quartiers, dans la Teranga et c'est précisément cette manière de faire descendre les anneaux olympiques dans la rue qui donne à cette première africaine sa singularité. (TransContinentsAfrica)

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