Festival de Cannes : la Caméra d’Or décernée au film rwandais Ben'Imana

DISTINCTION. Ce prix, qui récompense la meilleure première oeuvre cinématographique, est allé à la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo.

Festival de Cannes : la Caméra d’Or décernée au film rwandais Ben'Imana

C’est une double première historique qu’il convient de saluer. En effet, jamais un film rwandais n’avait figuré dans la Sélection officielle et encore moins n’avait été distingué d’un prix. Un cas rare dans l’histoire du festival. Le  long-métrage Ben'Imana de la Rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo raconte l'après-génocide au Rwanda. Il aborde la question de la justice et de la réconciliation à travers le parcours d'une survivante du génocide de 1994 contre les Tutsi.

Un film autour de trois thèmes : le génocide, la justice, la réconciliation

Co-produit par le Rwanda, le Gabon, la France, la Norvège et la Côte d'Ivoire, le film a été tourné en kinyarwanda. Écrit par Marie-Clémentine Dusabejambo et Delphine Agut, le film suit Vénéranda qui travaille à la réconciliation en conduisant des conversations entre victimes et bourreaux. Ses convictions sont ébranlées quand elle apprend la grossesse inattendue de sa fille. 

C’est cet événement qui explique le titre puisque "Ben'Imana" signifie en kinyarwanda "enfant de Dieu". Une formule qui porte en elle une forte tension qui conduit à se poser au moins deux questions : Comment rester enfant de Dieu quand Dieu a semblé absent pendant le génocide ? Comment transmettre la vie après avoir vécu la mort de masse ?

Ce que la réalisatrice a dit dans son discours de remerciements

Dans un discours dont les mots ont résonné foret au Palais des festivals de Cannes, Marie-Clémentine Dusabejambo a indiqué que “ces mères, à travers l'erreur et l'indicible, ont trouvé la force de rester debout, avec dignité”. Elle a ajouté : “Plus encore, elles ont trouvé dans leur cœur la capacité de se donner, de pardonner et d'avancer, même imparfaitement, même douloureusement, même parfois sans y parvenir”. Et de conclure : “Cette humanité-là, cette bravoure-là méritent d'être saluées. Faire un premier film, c'est sauter dans le vide. Mais lorsqu'on est entouré d'une famille de cinéma aussi forte, on ne tombe pas : on s'élève. Merci au Festival de Cannes de donner des ailes à nos premiers pas. Merci à mon pays, le Rwanda”. 

Une belle ponctuation pour saluer la décision du jury présidé par Park Chan-wook avec comme compagnons Isaach De Bankolé, Ruth Negga, Chloé Zhao, Demi Moore, Stellan Skarsgård, Paul Laverty, Laura Wandel. Celui-ci a décerné la Palme d'Or à "Fjord" du réalisateur roumain Cristian Mungiu. Celui-ci est ainsi devenu le dixième cinéaste à remporter deux Palmes d'Or dans l'histoire du festival. (TransContinentsAfrica)

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