Diamond League : l'Afrique en majesté à Bruxelles

ÉCLAT. Deux soirées, une razzia continentale : la finale de la Diamond League à Bruxelles a confirmé la densité du réservoir de talents africains, avec en point d'orgue un sacre historique pour le Sénégal.

Diamond League : l'Afrique en majesté à Bruxelles

La 50ᵉ édition de l'Allianz Memorial Van Damme, qui a clôturé vendredi 4 et samedi 5 septembre 2026 la saison de la Ligue de Diamant au stade Roi Baudouin, restera comme l'un des grands rendez-vous africains de l'année. Entre records, podiums et une première historique, le continent a occupé le devant de la scène.

Saly Sarr, l'entrée dans l'histoire

Vendredi, la Sénégalaise Saly Sarr, 23 ans, native de Ouakam à Dakar, a remporté le triple saut féminin avec un bond à 14,96 m, réalisé lors de son cinquième essai avec un vent favorable de +0,3 m/s. Championne d'Afrique en titre et médaillée de bronze aux derniers Mondiaux en salle, elle devance les Cubaines Leyanis Pérez Hernández (14,82 m), double tenante du titre, et Davisleydis Velazco (14,73 m).

Avec ce sacre, assorti d'une prime de 30 000 dollars (environ 18 millions de FCFA), Saly Sarr devient la première athlète sénégalaise, toutes catégories confondues, à remporter la Diamond League. Une consécration qui couronne une saison pleine : deuxième à Monaco en juillet (14,99 m), sur le podium à Doha en juin (14,86 m, record personnel de l'époque), puis victorieuse à Silésie le 23 août en améliorant le record national.

Kebinatshipi et Wanyonyi, la puissance est-africaine

Toujours vendredi, le Botswanais Collen Kebinatshipi a électrisé le stade sur 400 m en 43 s 40, un temps qui pulvérise le record du meeting, établit un nouveau record de la Diamond League et le hisse à la cinquième place ex æquo des performances de tous les temps.

Sur 800 m, le Kényan Emmanuel Wanyonyi, champion olympique et mondial, a signé son quatrième titre consécutif en Diamond League (1 min 41 s 80), devançant l'Algérien Djamel Sedjati (1 min 42 s 71). Sur 100 m, le Camerounais Emmanuel Eseme (9 s 93) et le Nigérian Kayinsola Ajayi (9 s 97) ont complété un podium dominé par le Jamaïcain Oblique Seville.

Deuxième soirée : la moisson continue

Samedi, l'Afrique de l'Est a confirmé sa suprématie sur les courses de fond et d'obstacles. L'Éthiopien Gemechu Godana a remporté le 3 000 m steeple (8 min 08 s 67) devant le Marocain Soufiane El Bakkali, tenant du titre olympique, et le Kényan Simon Koech. Sur 5 000 m, le Burundais Egide Ntakarutimana et le Kényan Cornelius Kemboi ont pris respectivement les deuxième et troisième places.

Chez les femmes, la Kényane Dorcus Ewoi s'est classée deuxième du 1 500 m, tandis que l'Éthiopienne Saida Tsehaye a décroché le bronze du 800 m. Sur les concours, l'Algérien Yasser Mohammed Triki a terminé quatrième du triple saut et le Kényan Julius Yego cinquième du javelot. En sprint, la Sud-Africaine Sinesipho Dambile (200 m) et la Nigériane Tobi Amusan (100 m haies) ont également signé des places d'honneur.

Cette razzia bruxelloise illustre une dynamique de fond : portée par une nouvelle génération de sprinteuses, de sauteuses et de fondeurs, l'Afrique confirme, meeting après meeting, qu'elle n'est plus seulement une pépinière de talents pour d'autres nations, mais un pôle de performance à part entière sur le circuit mondial le plus prestigieux de l'athlétisme — et, au-delà du chronomètre, un vecteur de rayonnement diplomatique et culturel pour des pays comme le Sénégal, le Kenya, le Botswana ou l'Éthiopie sur la scène internationale. (TransContinentsAfrica)

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