C’est un signal fort qu’envoie le Festival du film de Cannes avec la composition du jury qui, cette année, excepté Demi Moore qui est américaine, fait la part belle à des personnalités non ressortissantes de pays du G7. Pour preuve, Park Chan-wook est coréen, Chloé Zhao sino-américaine, Isaach De Bankolé ivoirien-américain, Ruth Negga irlando-éthiopienne, Diego Céspedes chilien, Laura Wandel belge, Stellan Skarsgård suédois, Paul Laverty écossais.
Nous nous apesantirons sur Isaach de Bankolé et Ruth Negga de par leur attache africaine.
Isaach de Bankolé en quelques mots
L'acteur ivoiro-américain est un habitué de la Croisette à travers ses collaborations avec Claire Denis et Jim Jarmusch, notamment Ghost Dog: The Way of the Samurai qui a été projeté en compétition en 1999.
De Bankolé est connu pour son travail avec Claire Denis dans Chocolat et White Material, et avec Jim Jarmusch dans Night on Earth, Ghost Dog et The Limits of Control. On peut ajouter Casino Royale, Black Panther et The Sopranos, bref une carrière qui traverse toutes les géographies du cinéma mondial depuis les années 1980.
Né à Abidjan, formé au Cours Florent à Paris, révélé dans Chocolat de Claire Denis en 1988, un film sur la colonisation française en Afrique, il incarne la circulation des talents africains dans le cinéma mondial
Sa présence dans ce jury est un signal fort. Sa voix dans les délibérations pèsera sur des films venant des quatre coins du monde.
Ruth Negga, une jurée que le Festival connaît bien
Quant à l'actrice irlando-éthiopienne Ruth Negga, le Festival ne lui est pas inconnu puisqu’elle avait obtenu une nomination aux Oscars pour sa performance dans Loving, lequel opus avait été présenté en compétition en 2016 à Cannes.
Née à Addis-Abeba d'un père éthiopien et d'une mère irlandaise, Ruth Negga a grandi en Irlande et s'est imposée comme l'une des actrices les plus reconnues de sa génération. Parmi ses références, Preacher, Passing, Ad Astra et Hamlet sur scène à Dublin.
Ruth Negga symbolise une certaine forme de la circulation des talents africains dans le monde, non pas de la diaspora économique mais de la diaspora artistique, celle dont l'identité double devient une richesse créative.
Isaach de Bankolé, Ruth Negga, deux voix qui vont compter dans la Palme d'or qui sera décernée à l'un des 22 films en compétition. Vivement le le 23 mai pour savoir quel opus du 7e art va succéder à "Un simple accident" de Jafar Panahi distingué par le jury de Juliette Binoche en 2025. (TransContinentsAfrica)
