Il n’y a pas de doute. Désormais, il y aura un avant et un après-Coupe du monde. La manière dont les joueurs de l’équipe nationale cap-verdienne ont assuré leur présence sur les terrains du Mondial dans leurs différentes confrontations en a séduit plus d’un à commencer par beaucoup de jeunes de cet archipel de 500.000 habitants. D’avoir tenu la dragée haute à l’Espagne, championne d’Europe, l’Uruguay, nation de football s’il en est, l’Arabie saoudite et enfin l’Argentine, championne du monde avec dans ses rangs Léo Messi, l’un des meilleurs si ce n’est le meilleur joueur de tous les temps a fait briller l’étoile du Cabo Verde et changé le regard des Cap-Verdiens sur eux-mêmes.
La naissance d’une autre idée de soi
À chacun des deux buts inscrits par les "Requins Bleus", des cris de joie ont retenti dans les bars, les places publiques et les foyers où les supporters suivaient la rencontre. Pour de nombreux jeunes passionnés de football, ce match a renforcé une conviction : les joueurs cap-verdiens peuvent rivaliser avec les meilleures équipes du monde.
Quelques jours avant cette rencontre, cet enthousiasme était déjà perceptible sur le terrain de Sucupira, dans la capitale Praia. Jeudi dernier, en fin d'après-midi, l'un des deux jours d'entraînement hebdomadaire de l'EPIF, les enfants de cette école de formation intégrée de football se retrouvaient pour leur séance. Répartis par catégories d'âge, ils ont enchaîné échauffement, exercices techniques, ateliers de passes, tirs au but et oppositions sous le regard attentif des entraîneurs. Le long de la touche, plusieurs parents suivaient la séance, certains filmant les progrès de leurs enfants avec leur téléphone.
Les familles ont changé d’attitude
Pour Pedro Bettencourt, président de l'EPIF, la première participation du Cap-Vert à une Coupe du monde a changé le regard de nombreuses familles. "Depuis que le Cap-Vert s'est qualifié pour le Mondial, les parents voient le football autrement. Ils comprennent désormais qu'il peut offrir à leurs enfants des perspectives qui vont au-delà de ce qu'il est possible d'imaginer dans notre pays", explique-t-il.
Selon lui, les demandes d'inscription ont augmenté ces dernières semaines et les jeunes disposent désormais de modèles nationaux auxquels ils peuvent s'identifier. "Ils veulent devenir comme Vozinha, Ryan Mendes, Stopira ou encore Jovane Cabral. Aujourd'hui, ils voient des joueurs cap-verdiens évoluer sur la même scène que Messi, Cristiano Ronaldo et les autres", souligne-t-il.
Les joueurs, des modèles inspirants
À dix ans, Diogo Silva Carvalho ne cache pas son admiration pour Vozinha, le gardien de but de la sélection cap-verdienne. "C'est mon idole. Il a réalisé un match extraordinaire contre l'Espagne. Moi aussi, je suis gardien de but", raconte le jeune joueur, qui conserve précieusement une chaussure dédicacée par son modèle, obtenue lors d'une rencontre avec la sélection nationale organisée cette année.
À quelques mètres de là, Liam, également âgé de dix ans, nourrit une ambition tout aussi claire. "Je veux devenir comme Telmo Arcanjo, ou même faire mieux que lui. Ce que j'aime le plus, c'est marquer des buts et jouer avec mes coéquipiers", dit-il.
Du rêve oui mais une bonne formation d’abord
Pour lui, ce rêve passe d'abord par les bases. "Ceux qui veulent vraiment devenir footballeurs doivent d'abord apprendre les fondamentaux. C'est pour cela qu'il faut commencer dans une école de football", affirme-t-il.
L'EPIF accueille aujourd'hui plus de 300 enfants et adolescents âgés de cinq à dix-neuf ans. Au-delà de la formation sportive, l'école accorde une place importante à la discipline, au comportement et aux résultats scolaires. "Notre objectif n'est pas seulement de former de bons joueurs, mais aussi de bons citoyens", résume Alexander Moreira, coordinateur de l'école.
Le parcours du Cap-Vert au Mondial-2026 s'est certes arrêté face à l'Argentine mais, sur le terrain de Sucupira, l'aventure des futurs "Requins Bleus" ne fait sans doute que commencer. (TransContinentsAfrica)
