Les goûts d’Afrique s’imposent de plus en plus dans la gastronomie internationale mais le chemin à parcourir reste long. Il convient donc, à chaque fois que c’est possible, de mettre la lumière sur les composantes qui font à la fois sa force et sa spécificité. C’est le cas du mil, cette composante essentielle de la sécurité alimentaire des régions arides et semi-arides. Cela est d’autant plus urgent que la manière dont les régimes alimentaires sont organisés à ce jour est une menace pour les populations et la planète. Qu’en est-il en Afrique par exemple ?

L’urbanisation impacte fortement le mode d’alimentation des Africains
Actuellement, sur le Continent, la ville transforme de plus en plus les pratiques alimentaires traditionnelles. La consommation de viande et de poisson ne cesse de croître dans un environnement mis sous pression par une exploitation intensive. De fait, le retour vers la consommation du mil, cet or du Sahel, cultivé depuis 3500 ans et longtemps considéré comme "la céréale du pauvre", se révèle une solution qu'il importe de se réapproprier pour nourrir équitablement une bonne partie des populations dans les pays en voie de développement, notamment d'Afrique, et ce, sans détruire la planète.

Le mil, une céréale adaptée aux contraintes africaines
Caractérisé par de petites graines toujours décortiquées, le mil, avec ses dérivés (millet, élusine, mil pénicillaire), est un aliment énergétique, sans gluten, dont la composition est identique au maïs en termes de glucides, protéines et lipides. Alors qu'il est essentiellement produit en Afrique (Niger, Nigeria, Burkina Faso, Mali, Sénégal, Soudan, Tanzanie.....) et en Asie (Inde, Chine...), sa culture, avec un court cycle de croissance et un rendement de 1,5 tonne à l'hectare, ne nécessite pas beaucoup d'eau dans les régions les plus sèches et les plus chaudes du monde, où elle est la base quotidienne de l'alimentation, notamment pour les 50 millions de personnes vivant dans le Sahel.

Entre goût et santé, le mil est une solution optimum
Nourrir une population mondiale qui ne cesse de croître sans détruire la planète par une agriculture intensive nécessite que les passionnés de la table, les chefs, les cuisiniers de demain, repensent à ce qu'ils vont dorénavant mettre dans l'assiette afin d'ajuster cet équilibre entre la santé des convives, le goût et la santé de la terre.

Tout cela pour dire que le mil reste pour les Africains une alternative salutaire pour une meilleure sauvegarde de la santé des populations dans les régions arides et semi-arides. Etant donné que cette magnifique céréale peut être cuisinée et agrémentée comme toutes les autres céréales, elle peut aussi être habillée de recettes et d'épices célébrant la Provence. Ainsi, le mil peut être considéré comme un de ces aliments trait d'union que bon nombre de chefs du monde entier pourraient trouver excellent pour un risotto aux saveurs provençales par exemple. Une illustration de plus que cette céréale peut tout à fait rayonner dans d’autres univers gastronomiques, de quoi enrichir sa dimension internationale voire universelle. (TransContinentsAfrica)
