Les scrutins se suivent et se ressemblent en Ouganda où depuis 1986 Yoweri Museveni préside le pays et gagne toutes les élections dans une atmosphère de contestation. Ainsi, après deux mois passés dans la clandestinité, Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, qui avait contesté le résultat de cette élection, en invoquant des fraudes, a déclaré dans un message vidéo de cinq minutes publié sur X samedi dernier qu’il avait quitté le pays pour des “engagements essentiels en dehors de l’Ouganda”, sans préciser où il se trouvait ni en quoi consistaient ces engagements. “Au moment opportun, je reviendrai et poursuivrai la cause”, a-t-il conclu.
La description des entraves du gouvernement à sa campagne
La star de la pop devenue homme politique a déclaré que sa campagne avait été entravée par les forces de sécurité. Celles-ci avaient bloqué ses rassemblements et arrêté ses partisans.
Dans le message publié samedi, Wine a déclaré que les forces de sécurité avaient érigé des barrages routiers et mené des rafles pour tenter de le retrouver.
Le gouvernement et l’armée ougandais n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires concernant le message de Wine.
Une prudence justifiée par la traque du gouvernement
La prudence de Bobi Wine une explication. Le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, qui est également le fils de Museveni, a en effet déclaré dans des publications sur les réseaux sociaux que l’armée recherchait Bobi Wine, bien que l’on ne sache pas pourquoi ni de quel crime il pourrait être accusé.
Ce samedi, Bobi Wine a indiqué que Museveni avait “usurpé la volonté du peuple”, que pendant son séjour à l’extérieur de l’Ouganda, il mobiliserait des alliés internationaux, enfin qu’il reviendrait ensuite en Ouganda pour poursuivre ce qu’il a qualifié d’effort en faveur de la liberté et de la démocratie.
Pour rappel, Yoweri Museveni, âgé de 81 ans, dirige l’Ouganda depuis 1986 et a remporté à plusieurs reprises des élections qui, selon les groupes d’opposition et les organisations de défense des droits de l’homme, ont été entachées d’intimidations et de violences, accusations que le gouvernement dément. (TransContinentsAfrica)
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