Les 18 supporters sénégalais emprisonnés au Maroc : les peines ont été confirmées

PROCÈS. La Cour d'appel de Rabat a suivi le tribunal de première instance dans le verdict des 18 supporters sénégalais arrêtés après la finale de la CAN le 18 janvier dernier.

Les 18 supporters sénégalais emprisonnés au Maroc : les peines ont été confirmées

Moment difficile à Rabat pour les supporters sénégalais encore emprisonnés au Maroc. la plaidoirie de leurs avocats n’aura pas conduit à changer le verdict de la justice. 

Ce qui s’est passé en appel

Devant la Cour d’appel, les 18 accusés ont nié avoir pris part aux incidents, la plupart en wolof traduit en français puis en arabe,  expliquant qu'ils avaient été contraints de descendre sur la pelouse à cause d'un mouvement de foule ou pour échapper à "des crachats et jets de projectiles", et non pas pour protester contre une décision arbitrale. Pour appuyer leurs dires, l'avocate de la défense, Naïma El Guellaf, avait demandé la diffusion des vidéos sur lesquelles s'appuie l'accusation mais cette requête a été rejetée par le parquet. 

Parallèlement, lors de l'audience, les avocats ont demandé à entendre le président de la CAF, Patrice Motsepe, comme témoin pour apporter des éléments de contexte sur les circonstances de la finale. 

Autre avocat des mis en cause, Me Patrick Kabou a qualifié la situation de "prise d'otage juridique", dénonçant une procédure entachée d'irrégularités et un manque flagrant de preuves solides. 

Ce qui va maintenant se passer

A l’issue du verdict, les trois condamnés à trois mois pourraient recouvrer la liberté dans les prochains jours au regard du fait qu’ils ont déjà purgé en préventive leur peine. C’est le cas de Mamadou Diagne, jeune carreleur de 25 ans, un des quatre membres du groupe de supporters de l'ASC Lebougui de Dangou, quartier de Rufisque, qui étaient du voyage et qui ont été retenus à l’issue des incidents de la finale. 

Au vu de la situation, la question est posée de savoir si une potentielle grâce du roi Mohamed VI pourrait permettre de libérer les condamnés  ou si l’accord de transfèrement pourrait être activé. Celui-ci ouvrirait la possibilité pour les supporters condamnés de purger leur peine au Sénégal.

Un contentieux à plusieurs niveaux

Si ce volet judiciaire concerne ce qui s’est passé du côté des tribunes et des supporters, il y a un autre volet du contentieux autour de la finale de la CAN qui n’est pas encore réglé vu que les deux parties, la Fédération Sénégalaise de Football et la Fédération Royale Marocaine de Football attendent la décision du Tribunal Arbitral du Sport qui a été saisi par les Sénégalais pour contester la décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football (CAF) qui a décidé que le Maroc avait gagné par forfait au regard du fait que certains Lions de la Teranga avaient quitté le terrain. Cette décision a été prise en application des articles 84 et 85 du règlement de la CAF. 

Côté sénégalais, on se prévaut du fait que l’arbitre a officié pour un match qui est allé jusqu’à la prolongation pendant laquelle le Sénégal a marqué le but qui lui a permis d’arracher la victoire sur le terrain. Soit dit en passant, il a déclaré le Sénégal vainqueur dans tous les documents qu’il a remplis faisant le compte-rendu du match. 

Autant dire que le feuilleton n’est pas prêt de finir mais surtout ne manquera pas de laisser des traces. (TransContinentsAfrica)

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