L’Algérie a rendu hommage à l’ex-président Liamine Zeroual

ZOOM. Décédé à 84 ans, Liamine Zeroual incarne une période charnière marquée par une crise sécuritaire profonde et une recomposition du pouvoir.

L’Algérie a rendu hommage à l’ex-président Liamine Zeroual

Voilà une disparition qui ravive le récit d’un parcours singulier d’un militaire devenu président sans vraiment l’avoir cherché à un moment critique de l’histoire du pays avec la crise sécuritaire qui a accompagné décennie noire en même temps qu’une recomposition du pouvoir. Il n’y a donc pas de surprise si l’Algérie a rendu un hommage officiel à Liamine Zeroual, décédé à l’âge de 84 ans, lors d’une cérémonie organisée au palais du Peuple à Alger, en présence du président Abdelmadjid Tebboune et des principales institutions de l’État. 

Une orbite atypique du pouvoir à sa dernière demeure

Le consensus institutionnel ainsi révélé autour de sa mémoire repose notamment sur sa décision rare de quitter le pouvoir en 1998, avant la fin de son mandat, un geste présenté comme un engagement en faveur de l’alternance. 

Il repose également sur son parcours politique est marqué par des épisodes atypiques. Désigné puis élu dans un contexte de violence extrême, Zeroual reflète le rôle central de l’institution militaire dans l’organisation du pouvoir. 

Jusqu’à l’organisation de ses funérailles, la singularité de Zeroual se révèle. Leur portée symbolique est forte car son inhumation à Batna, conformément à sa volonté, rompt avec la tradition qui veut que les anciens présidents reposent à Alger. Ce choix renforce l’image d’un dirigeant à distance des codes du pouvoir, tout en révélant l’importance des symboles dans la construction de la mémoire politique nationale.

Un révélateur de traits marquants du système

La singularité de l’orbite de Liamine Zeroual met par ailleurs en lumière la rigidité du système politique algérien, où les transitions restent généralement verrouillées ou contraintes par des rapports de force internes. Et son exemple souligne, par ricochet, la difficulté pour le pays de stabiliser un modèle pleinement civil et institutionnalisé. Il met en exergue les ambiguïtés persistantes du système politique algérien.

On peut ainsi dire que, derrière l’unanimité affichée, la figure de Zeroual agit comme un révélateur : une exception dans l’histoire politique algérienne et un miroir des limites persistantes d’un modèle où la transition du pouvoir reste largement encadrée, loin des standards de gouvernance pleinement ouverts observés ailleurs. (TransContinentsAfrica)

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