Confédération africaine de football : entre réformes et contrition

TACTIQUE. Après les décisions contestées de ses instances suite au fiasco de la finale de la Coupe d'Afrique des nations, le président de la CAF a opportunément annoncé des modifications de statuts et de règlements.

Confédération africaine de football : entre réformes et contrition

Dans le contexte de suspicion qui alimente la crise de confiance à son endroit, la Confédération africaine de football a réuni ce dimanche au Caire son Comité exécutif. Parallèlement à l’enregistrement de la démission de Veron Mosengo-Omba qui a été le secrétaire général pendant trois décennies, la CAF a annoncé qu’elle allait apporter des modifications et des améliorations à ses statuts et à son règlement afin de garantir que les scènes survenues lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations en janvier dernier ne se reproduisent plus. 

M. Motsepe n'a pas fourni de détails plus précis sur ce qui permettrait d'éviter que la controverse de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations ne se reproduise.  Au début du mois, il avait cependant admis que son organisation avait du mal à faire face à la perception qui était faite de son intégrité. 

Un auto-satisfecit pour se rassurer

“La CAF a bénéficié de conseils juridiques approfondis de la part d'éminents juristes et experts du football africain et international, afin de s'assurer que les statuts et les règlements de la CAF respectent et mettent en œuvre les meilleures pratiques du football mondial, sur le terrain comme en dehors”, a déclaré Patrice Motsepe dans un communiqué.

“Cela est important pour le respect, l'intégrité et la crédibilité des arbitres africains, des opérateurs de la VAR, ainsi que du Jury disciplinaire et du Jury d'appel de la CAF”, a-t-il ajouté. 

Et de poursuivre : “La CAF collabore avec la FIFA pour assurer la formation continue des arbitres africains, des opérateurs de VAR et des délégués de match afin qu'ils soient aussi performants que les meilleurs au monde…”. Pour Patrice Motsepe, “la CAF a réalisé des progrès significatifs au cours des cinq dernières années en matière de mise en œuvre de la gouvernance, de l'éthique, de la transparence et des bonnes pratiques de gestion”. 

Poursuivant, le président Motsepe a indiqué que les changements préconisés renforceraient la confiance dans les arbitres de la CAF, ses opérateurs de VAR et ses instances juridictionnelles, notamment le Jury disciplinaire et la Commission d’appel.  

Des changements pour garder la main 

Logiquement, Patrice Motsepe a ajouté que “ces ajustements permettront également d’éviter que les incidents inacceptables observés lors de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des nations Maroc 2025 ne se reproduisent”.

Pour rassurer dans la trajectoire de son institution, ii a précisé que la CAF s’est appuyée sur l’expertise de juristes spécialisés en droit du sport, tant en Afrique qu’à l’international, afin de garantir l’alignement de ses textes sur les meilleures pratiques mondiales en matière de gouvernance du football, sur et en dehors du terrain.

“Cette démarche est essentielle”, a-t-il poursuivi précisant que “la CAF travaille en étroite collaboration avec la FIFA pour renforcer la formation continue des arbitres, des opérateurs VAR et des commissaires de match africains, afin qu’ils atteignent les standards les plus élevés au niveau mondial”. “Nous devons également poursuivre la professionnalisation de l’arbitrage africain et garantir une rémunération appropriée à ces acteurs essentiels du jeu”, a-t-il également souligné. 

La CAF continuera par ailleurs à évaluer et à améliorer en permanence ses standards de gouvernance et ses pratiques sportives afin de renforcer la crédibilité et la compétitivité du football africain sur la scène internationale. Une précision loin d’être anodine tant le contexte actuel est contraint.

Surnager dans un contexte explosif 

En effet, l'instance dirigeante du football africain est confrontée à une crise de confiance depuis que sa commission d'appel a déclaré le Maroc vainqueur de la finale par forfait du Sénégal parce que les lions de la Teranga avaient momentanément quitté le terrain en signe de protestation contre un penalty potentiellement décisif accordé au Maroc. Il se trouve que les joueurs sont ensuite revenus sur le terrain et ont marqué un but pendant la prolongation, remportant ainsi le match 1-0.

Le tollé qui a suivi la décision du 17 mars a jeté de l’ombre sur la CAF. En cours de contestation devant le Tribunal arbitral du sport, cette décision, si elle était invalidée, porterait un nouveau coup à sa crédibilité. 

Est-ce pour sauver l'image de l'institution qu'il préside que Patrice Motsepe a évoqué le TAS ?

En tout cas, comme soulagé, il a souligné que  le dossier relatif à la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal était désormais entre les mains du Tribunal arbitral du sport (TAS) insistant sur le fait que le respect des décisions de cette instance constituait un principe fondamental de la gouvernance au sein de la CAF. Et celle-ci "poursuivra ses activités ordinaires jusqu’à la décision définitive dans le respect de son engagement à traiter les 54 associations membres sur le même pied d’égalité et d’équité". (TransContinentsAfrica)

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