Ainsi, le roi Charles III du Royaume-Uni a reçu mercredi le président nigérian Bola Tinubu au château de Windsor, à l’occasion de la première visite d’État d’un dirigeant nigérian depuis 37 ans, qui vise à renforcer les relations bilatérales.
Alors que les échanges commerciaux entre les deux pays atteignent un niveau record, Charles profite de cette visite de deux jours pour mettre en avant les liens culturels et commerciaux profonds qui unissent les deux pays.
Après un cortège en calèche, Bola Tinubu est arrivé dans une cour du château pour un salut royal, où il a rejoint Charles sous le soleil pour passer en revue des soldats britanniques vêtus de leurs tuniques écarlates traditionnelles et coiffés de leurs chapeaux en peau d’ours.
La visite d’État n’a pas inclus de déjeuner car M. Tinubu est un musulman pratiquant qui jeûne pendant le Ramadan, mais un banquet d’État a eu lieu plus tard dans la soirée de mercredi.
Une programme emblématique de la profondeur des relations
Au-delà, il convient de savoir que la Grande-Bretagne abrite une importante diaspora nigériane : environ 300 000 Nigérians vivent au Royaume-Uni.
L’une des Britanniques d’origine nigériane les plus en vue est Kemi Badenoch, la principale dirigeante de l’opposition conservatrice, qui est la première femme noire à diriger un grand parti politique britannique. Elle est née à Londres de parents nigérians.
Au cours de l’après-midi, Charles a montré à Tinubu des objets liés au Nigéria issus de la collection royale, en compagnie de leurs épouses, la reine Camilla et Oluremi, ainsi que de l’héritier du trône, le prince William, et de son épouse Kate.
Parmi ces objets figuraient un manuscrit écrit par Ben Okri, poète et romancier britannique d’origine nigériane, qui a été le premier écrivain noir à remporter le prix Booker, ainsi qu’un trône yoruba, brodé de milliers de petites perles de couleur, que le Nigeria avait offert à la mère de Charles, la regrettée reine Elizabeth, en 1956.
La visite comprenait également un déplacement jusqu’à la tombe d’Elizabeth II, située dans la chapelle Saint-George, pour y déposer une couronne de fleurs. Sinon, le volet économique est aussi en toile de fond.
Zoom sur le renforcement des relations économiques
Rappelons-nous qu’en Grande-Bretagne, le gouvernement conseille le monarque sur ses relations avec les dirigeants étrangers. Aussi le Premier ministre Keir Starmer n’a-t-il pas hésité à exploiter le “pouvoir d’influence” de la famille royale pour tenter de relancer l’économie du pays, actuellement en stagnation.
Keir Starmer devait rencontrer Tinubu ce jeudi tandis que l’épouse du président, Oluremi, qui est chrétienne, doit visiter Lambeth Palace, la résidence londonienne de l’archevêque de Canterbury.
Le gouvernement britannique espère que cette visite renforcera le rôle du Royaume-Uni en tant que centre mondial pour les entreprises africaines.
Au-delà, pour bien mesurer l’importance de cette visite, il y a lieu de noter que Charles, qui suit encore régulièrement un traitement contre le cancer, a accueilli plusieurs visites d’État de haut niveau au cours des neuf derniers mois, notamment le président allemand Frank-Walter Steinmeier, le président américain Donald Trump et le président français Emmanuel Macron. (TransContinentsAfrica)
