Le Bénin est à la veille d’une séquence de toute première importance pour sa future destinée. Après une décennie consacrée au redressement macroéconomique et à la construction de grandes infrastructures, le pays s’apprête donc à aborder un tournant décisif de sa trajectoire. Ainsi, à quelques jours de l’élection présidentielle dont il est le favori, Romuald Wadagni a dévoilé son projet 2026-2033, intitulé “Plus Loin, Ensemble”. Le programme de l’actuel ministre des Finances met l’accent sur la jeunesse, l’emploi local, la couverture sociale universelle et un modèle de sécurité “civilo-militaire” pour le développement.
Le défi du changement d’échelle
Dans une Afrique de l’Ouest souvent bousculée par l’instabilité, le Bénin fait figure d’exception par sa trajectoire de réformes ininterrompues depuis 2016. Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances pendant dix ans, a été l’architecte infatigable de la restructuration de la dette, de la mobilisation des ressources et de la crédibilité retrouvée du pays sur les marchés internationaux.
Fort de cette expérience inédite au sommet de l’État, il s’impose aujourd’hui comme un profil qualifié pour garantir la stabilité du pays et pousser cette transformation encore plus loin, selon certains observateurs.
Le défi du duo Wadagni-Talata n’est pas celui de la rupture, mais bien celui d’un changement d’échelle : faire descendre la croissance au niveau microéconomique, en plaçant le citoyen, son environnement local et sa sécurité au centre de l’action publique.
Un Etat qui protège mieux
L’une des singularités de son programme réside dans son audace sociale. Le projet de société théorise un État qui protège mieux ses populations. Ce virage s’illustre par des engagements chiffrés et structurels, à l’image du passage à 100 % de couverture pour les cantines scolaires dans les écoles primaires publiques.
L’objectif est double : lutter contre la précarité infantile tout en dopant la rétention scolaire. La santé et la protection des plus vulnérables bénéficient de la même logique de proximité. En outre, le programme acte le déploiement inédit d’un SAMU social national, conçu pour intervenir en urgence auprès des populations en situation de grande précarité.
En complément, la promesse d’un paiement différé pour la prise en charge des urgences vitales vient briser la barrière financière de l’accès aux soins de premier recours, une problématique endémique sur le continent.
Une vraie équité dans la gouvernance
Conscient que les fondamentaux macroéconomiques qu’il a lui-même assainis permettent désormais d’investir massivement, le candidat mise sur la diversification par les services et l’attractivité locale au sein de six pôles de développement territorial.
Lors de son discours, le candidat Romuald Wadagni a souligné que “chaque Béninois, chaque jeune, où qu’il soit, doit pouvoir trouver une opportunité à portée de main”, a-t-il déclaré, soulignant l’équité dans sa gouvernance.
Avoir une approche innovante du tourisme
"Notre ambition implique la mise en place de pôles de développement territorial, accorde une place plus importante au secteur privé et tire pleinement profit de la technologie. L’objectif est clair : créer de la richesse pour tous et améliorer les conditions de vie dans tout le pays”, a-t-il dit
Cette initiative vise à structurer une véritable économie touristique décentralisée, capable de valoriser le patrimoine culturel et historique de chaque région. L’enjeu est de créer des écosystèmes pourvoyeurs d’emplois locaux, de l’artisanat à l’hôtellerie en passant par les services numériques, afin de retenir la jeunesse dans ses bassins de vie et d’endiguer l’exode rural vers Cotonou ou Porto-Novo.
Donner à la sécurité les moyens d’être assurée
Face aux défis sécuritaires qui traversent la sous-région ouest-africaine, le programme Wadagni-Talata envisage de valoriser une gouvernance inclusive et une résilience sécuritaire avec une réponse intégrée, ainsi que la modernisation de l’appareil de défense.
Le projet prévoit des investissements dans des équipements de pointe (drones, blindés). Mais la véritable innovation réside dans le programme de stabilisation des zones à risque. L’État s’engage à y dynamiser les coopératives locales, à soutenir les activités génératrices de revenus pour les femmes et à garantir la continuité absolue des services publics.
Une refonte du dialogue citoyen
Cette résilience nationale s’appuie sur une refonte du dialogue citoyen. Le programme introduit des mécanismes de démocratie participative encore rares à cette échelle en Afrique, tels que les redditions de comptes itinérantes et l’instauration de budgets participatifs communaux. Une manière d’associer directement les Béninois à la gestion de la cité, cimentant ainsi la confiance entre la base et le sommet de l’État.
Le programme Wadagni-Talata propose une vision ambitieuse : conserver la rigueur qui a fait le succès économique du Bénin pendant une décennie, tout en y injectant une dose massive de proximité, d’innovations sociales et de démocratie locale. (TransContinentsAfrica)
