Angola : cette étape pleine de symboles de la tournée africaine de Léon XIV

LIEU. Après l’Algérie et le Cameroun, le souverain pontife, en Angola depuis samedi, devrait aborder la question de l'exploitation des ressources naturelles dans ce pays riche en pétrole.

Angola : cette étape pleine de symboles de la tournée africaine de Léon XIV

Le pape Léon XIV va-t-il continuer à avancer avec le discours énergique qu’il a adopté pour interpeller les puissants de ce monde mais aussi de ceux des pays qu’il a entrepris de visiter dans cette tournée africaine commencée en Algérie, poursuivie au Cameroun et en Angola où il est arrivé ce samedi, avant la Guinée équatoriale, sa dernière étape ? Tout le laisse penser au regard de sa réplique au président américain Donald Trump qui n’a pas apprécié que le souverain pontife critique la guerre en Iran et déclare, entre autres saillies bien senties, que le monde était “ravagé par une poignée de tyrans”.

L'appel à la résilience et à ne pas perdre espoir

Avant de quitter le Cameroun, Léon a célébré une messe d'adieu dans la capitale, Yaoundé, exhortant les participants à ne pas perdre espoir malgré les défis auxquels est confronté leur paysavec notamment le conflit latent dans les deux régions anglophones et son lot de milliers de morts déjà. 

"Dans les moments où nous semblons sombrer, submergés par des forces hostiles, où tout paraît sombre… Jésus est toujours avec nous, plus fort que toute puissance du mal”, a déclaré le pape à une foule que le Vatican a estimée à 200 000 personnes, ce qui en ferait le plus grand événement de sa tournée à ce jour.

"Dans chaque tempête, il vient à nous et nous répète : “Je suis ici avec vous : n'ayez pas peur””, a déclaré le souverain pontife cité par Reuters.

Une étape angolaise qui rassemble bien des symboles

En Angola, le pape a rencontré le président João Lourenço avant de s'adresser aux dirigeants politiques de ce pays dont bien des caractéristiques interpellent des thèmes que le pape Léon XIV a déjà abordés au cours de son périple africain. 

En effet, après des décennies de conflits sanglants au cours du XXe siècle, l'Angola est devenu l'un des principaux pays producteurs de pétrole en Afrique subsaharienne. Problème : l’or noir représente 95 % de ses exportations. 

Cette dépendance, au-delà de montrer que la structure de l’économie  du pays ne favorise pas la création locale de valeur, est un facteur de grande fragilité.  

Et cela se ressent au niveau de sa population de 36,6 millions d'habitants toujours confrontée à une pauvreté extrême. Pour preuve, selon la Banque mondiale, plus de 30 % de ses habitants vivent avec moins de 2,15 dollars par jour. Vu que plus de la moitié de la population du pays s'identifie comme catholique, la parole papale devrait y avoir un fort écho surtout si elle s’évertue à dénoncer la guerre et les inégalités, deux points sur lesquels l’Angola a donné et continue de donner. 

De quoi permettre au pape Léon XIV de continuer à s’exprimer dans la tonalité qu’il a utilisée depuis le début de son ambitieuse tournée de 10 jours en Afrique. 

Au Cameroun, on estime à 120.000 le nombre de personnes qui ont assisté à la messe qu’il a donnée vendredi à Douala. Combien seront-ils dans les différents rassemblements en Angola ? Il y a de quoi prévoir une forte affluence vu que plus de la moitié de la population du pays s'identifie comme catholique.

Les premiers mots du pape Léon XIV en Angola

Une fois sur le sol angolais, le souverain pontife a vivement dénoncé l'exploitation des ressources naturelles en Afrique. Il a fustigé les "despotes et tyrans" qui promettent la richesse mais ne tiennent pas leurs promesses, ce qui entraîne des souffrances et des décès. Léon XVI a appelé les Angolais à œuvrer en faveur d'une société libérée de "l'esclavage imposé par les élites, qui sont chargées de grandes richesses, mais de fausses joies". 

Il a déploré que "de puissants intérêts revendiquent" les ressources naturelles de l'ancienne colonie portugaise, faisant ainsi apparemment référence aux entreprises étrangères qui tirent profit des secteurs du pétrole et du diamant de l'Angola, ainsi que de son secteur naissant des minéraux critiques.

"Trop souvent, des gens ont regardé, et continuent de regarder, vos terres pour les prendre", a poursuivi le Pape dans son allocution prononcé devant le président angolais João Lourenço et d'autres dirigeants politiques.

Et de conclure : "Combien de souffrances, combien de morts, combien de catastrophes sociales et environnementales sont causées par cette logique d'extractivisme". (TransContinentsAfrica)

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