Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a assuré ne pas s’opposer au retour à Alger de l’ambassadeur de France Stéphane Romatet, rappelé à Paris en 2025 dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre les deux pays. Selon plusieurs sources diplomatiques, cette question a été évoquée lors de la visite du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez à Alger les 16 et 17 février, au cours d’échanges portant sur la coopération sécuritaire et les relations bilatérales.
Des controverses début 2026
Stéphane Romatet n’a plus regagné son poste depuis son rappel à Paris en pleine dégradation des relations franco-algériennes. L’ambassadeur s’était retrouvé au centre d’une nouvelle controverse début 2026 à la suite de la diffusion d’un reportage télévisé jugé critique par les autorités algériennes, épisode révélateur de la fragilité persistante du dialogue politique entre les deux capitales.
Une relation comme des montagnes russes
Dans ce contexte, la déclaration de Tebboune apparaît moins comme un véritable tournant diplomatique que comme un geste d’apaisement limité. Depuis plusieurs années, la relation entre Alger et Paris oscille entre rapprochements ponctuels et crispations récurrentes, souvent alimentées par les questions mémorielles liées à la colonisation, mais aussi par les dossiers migratoires et sécuritaires.
Pour de nombreux observateurs, ces tensions traduisent également les contradictions de la diplomatie algérienne, qui alterne gestes de fermeté et signaux de normalisation sans parvenir à stabiliser durablement ses relations avec son principal partenaire européen. La France reste en effet un acteur central pour l’Algérie, que ce soit en matière commerciale, de coopération sécuritaire ou de gestion des flux migratoires.
S’inscrire dans une trajectoire stable ?
Dans ce paysage diplomatique instable, le retour éventuel de l’ambassadeur français ne constituerait qu’une étape technique dans un dialogue bilatéral régulièrement perturbé par les crises politiques internes et les surenchères diplomatiques. Plus largement, il convient pour l’Algérie d’inscrire sa politique extérieure dans une trajectoire stable, alors même que la région connaît des recompositions géopolitiques rapides. (TransContinentsAfrica)
